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Côte d'Ivoire
Éditoriaux de Koné Seydou journaliste à Abidjan (Actuellement en exil) 

Amusant, convivial: installer un Karaoké sur son PC

 

Crise politico-militaire :
Les extrémistes se préparent pour « la finale »

Ce mois de mai 2003, une réunion secrète s’est tenue à l’État-major des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire. Au cours de cette rencontre, il a été rappelé que « une guerre ne prend jamais fin avec un cessez-le-feu ». Le fait que la poire ait été coupée en deux ne satisfait pas les extrémistes des deux camps, qui sont pour une conclusion militaire de la crise.
Pour rappel, il faut dire que suite au rejet, par les tribunaux belges, des plaintes déposées en Belgique contre Laurent Gbagbo et les barons de son régime, pour crimes contre l’humanité, certains Ivoiriens décident de se faire justice.
Le 19 septembre 2002, profitant d’un énième simulacre de coup d’État monté par le régime pour écraser son opposition, un mystérieux commando frappe le pouvoir en plein cœur. Le président Gbagbo en visite en Italie y échappe, mais des piliers de son régime et des dizaines de soldats, de gendarmes et de policiers sont massacrés au combat, et le pays est coupé en deux. La dernière mission d’Amnesty International en Côte d’Ivoire a alors parlé de revanche des nordistes par rapport au charnier de Yopougon (octobre 2000) et autres exactions impunies à ce jour.
Toutefois, dès le début du soulèvement, de nombreux Ivoiriens, originaires des autres régions du pays, mais épris de justice et d’équité, épousent la cause du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI). Se faisant, ils empêchent la scission du pays en deux.
La victoire politique et militaire du MPCI et de ses alliés, le mouvement patriotique du Grand Ouest (MPIGO) et le mouvement pour la justice et la paix (MJP) sur le régime Gbagbo ne fait l’ombre d’aucun doute. Mais, la communauté internationale, piégée par la notion de « légitimité », entreprend d’éviter l’extrême humiliation à ce président « mal élu », « raciste et xénophobe », manipulateur des masses et de l’opinion publique.
Sur le terrain, le régime n’est plus soutenu que par des centaines de mercenaires payés et armés par l’Internationale socialiste, menée par le bout du nez, par le Parti socialiste français. Encore que les mercenaires français, ukrainiens, sud-africains, angolais et mozambicains, auxquels se sont joints sous la contrainte des « supplétifs » de la « Force Lima », puisés dans les camps de réfugiés libériens de l’Ouest, ne font pas le poids sur le terrain. Pour combler cette défaillance, le pouvoir entretient et forme des milices tribales avec les moyens de l’État, au vu et au su de tout le monde. Toute la journée, des jeunes gens dont certains sont à peine âgés de quinze ans, suivent un entraînement militaire dans les différents quartiers d’Abidjan. Selon leurs responsables, ils sont encadrés et armés par des soldats. Comme l’ont fait les gendarmes en octobre 2000, ces milices se préparent donc à descendre dans les quartiers populaires en cas de reprise des hostilités, pour massacrer les populations civiles originaires du Nord ou appartenant à la religion musulmane. 
En face, l’ex-rébellion, rebaptisée depuis « Forces nouvelles » est constituée des meilleurs éléments des forces armées nationales, auxquels se sont joint bénévolement des milliers de jeunes nordistes fatigués d’être humiliés quotidiennement dans les rues d’Abidjan depuis une décennie à cause de leur sang ou de leurs convictions religieuses.
Dans un camp comme dans l’autre, on passe la situation en dérision, en la comparant à un match de football. Il y a eu le match aller qui s’est soldé en octobre 2000 par la victoire de Gbagbo (charnier de Yopougon). Le match retour commencé en septembre 2002 a vu la victoire du MPCI. Il reste à jouer la « finale ». Elle se soldera peut-être par la décapitation du régime, peut-être encore par la destruction du Sud et la sécession du Nord. Ce qui est sûr, c’est qu’elle endeuillera encore des milliers de famille.
A la communauté internationale d’être vigilante pour guérir une maladie provoquée par la conjonction de la colonisation française, de la pauvreté et de la malhonnêteté des intellectuels ivoiriens.

Seydou Koné
Journaliste en exil - 31/05/03

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La grimace de Gbagbo:
La réconciliation, une pilule décidément amère…

Lors du dernier sommet France-Afrique, le président Jacques Chirac avait sonné le glas de l’impunité. Par la suite, en accélérant la mise sur pied de la Cour pénale internationale, les Nations Unies envoient un message clair aux belligérants : tous ceux qui commettent des exactions seront désormais poursuivis devant le tribunal pénal international pour crimes contre l’humanité.
La mise en route du processus de réconciliation se heurte à de nombreux obstacles, dont le principal animateur est Laurent Gbagbo himself. Tout d’abord, il actionne ses partisans, des « agitateurs professionnels » pour emprunter l’expression aux soldats français. Ces derniers mettent Abidjan à sac en prenant pour cible les intérêts français, pour dire « non » à Marcoussis. Ces casses agrémentent des marches populistes, mais n’émeuvent personne. Qu’à cela ne tienne, Gbagbo fixe le nombre des ministres à… 41. Ensuite, il traîne les pieds pendant des mois pour donner carte blanche au Premier ministre, lequel est finalement « nommé pour six mois renouvelable ». a la nomination des ministres de l’opposition, le chef de l’État fait également des difficultés parce que untel a été ou non son professeur à la fac. A ce jour, la ministre RDR de la Famille attend toujours de prendre fonction, quand les portefeuilles de la sécurité et de la défense ne sont pas encore attribués. Le 22 mai 2003, recevant ses partisans au Palais présidentiel, Gbagbo fait de la nomination du général Ouassenan Koné, pourtant proposé par tous les autres signataires des Accords de Marcoussis, une affaire personnelle : « Ouassenan ne sera jamais ministre tant que je suis président ! ».
Le dimanche 18 mai 2003, Laurent Gbagbo reçoit les responsables des milices tribales. L'un eux, Charles Groguhet, s’était répandu dans la presse : « Nous ne sommes pas une milice. Nous sommes un mouvement politique armé.(...) Nous avons déjà envoyé une délégation du GPP sur place (Europe de l’Est) qui comprend le Sergent chef Koffi Koffi Édouard et le camarade Yapo Yapi pour superviser cette formation (de cinq mille recrues) que nous voulons assez rapide pour qu'ils viennent grossir les rangs du GPP. Je pense que nous nous donnons les moyens humains et techniques pour apporter la riposte qu'il faut à ceux qui ont attaqué la Côte d'Ivoire. (…) Ils s'entraînent au maniement des armes. D'autres sont dans la brousse, etc. Elles sont effectivement en train de recevoir une formation militaire et commando, etc. Elles apprennent à manier les armes, qu'elles soient légères ou lourdes. (Cf. L'Inter n° 1500 du jeudi 08 mai 2003, page 4). Le 22 mai 2003, Laurent Gbagbo reconnaît également devant le corps diplomatique accrédité à Abidjan, avoir acheté des armes (voir liste).
En face, le MPCI qui affirme être en mesure « d’ouvrir le feu à n’importe quel moment à Abidjan », à en croire le Sergent-chef Wattao, l’un des chefs de guerre, recrute et forme également dans ses installations du Grand Nord, des centaines de jeunes gens et de jeunes filles dans le but d’abattre une fois pour toutes le régime de Laurent Gbagbo.
Il y a eu le cessez-le-feu, puis le tracé d'une ligne de non-franchissement. Ensuite, les accords de Marcoussis, puis ceux d'Accra. Aujourd'hui, nous assistons plus à une veillée d'arme qu'à la fin de la guerre. Au demeurant, comment une guerre pourrait-elle prendre fin sans vainqueur ni vaincu? Le mot "réconciliation" est abondamment utilisé ces derniers temps par le chef de l'État qui ne reconnaît paradoxalement pas sa part de responsabilité dans le déclenchement du conflit. Décidément amère, la pilule de la réconciliation nationale.

Seydou Koné
Journaliste en exil - 31/05/03

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Démocratie et droits de l’Homme en Côte d’Ivoire : laborieux retour à la normale après les affrontements

A quoi ressemble la République de Côte d’Ivoire après sept mois de guerre 
civile? A un malade en pleine convalescence, pourrait-on répondre. En effet, les maux dont souffre l’ex-vitrine de l’Afrique occidentale ont été clairement identifiés, et le pays, placé sous perfusion. La situation n’est donc pas comparable à 1999, ne serait-ce que parce que la Côte d’Ivoire est aujourd’hui administrée par l’ONU qui y a déléguée un représentant personnel de M. Annan, en la personne du béninois Albert Tévoèdjré.

Les termes de « malade » et de « médicament » sont du président Laurent Gbagbo lui-même. Lui qui affirmait, lors de sa prise de pouvoir, en octobre 2000, 
« dans des conditions calamiteuses » (sic !) qu’il « n’y aurait jamais de guerre civile en Côte d’Ivoire ». Les faits prouvent qu’il se trompait de la manière la plus cruelle: des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés. Quoi qu’il en soit, la trêve a fini par être conclue à Linas-Marcoussis (France), où le président Laurent Gbagbo a reconnu publiquement n’avoir « pas gagné la guerre » (sic !). 

Selon ces accords, et, plus tard, ceux d’Accra (Ghana), il reste, malgré tout, au pouvoir jusqu’au terme de son mandat (2005), mais il délègue ses pouvoirs à un Premier ministre de consensus. M. Seydou Elimane Diarra, sur qui se porte le choix, est alors chargé de former un gouvernement de transition composé de toutes les forces vives du pays. Mais la pilule de la réconciliation est amère. En ce mois de mai 2003, les Unes incendiaires ont pratiquement disparu des kiosques à journaux. Dans la rue, les mots « étranger », « dioula » ou « mossi » ont également disparu des lèvres. Le couvre-feu a été levé sur toute l’étendue du territoire, à l’exception de l’Ouest où sévissent encore quelques combats isolés. 

Les escadrons de la mort, identifiés par les experts de l’ONU comme étant constitués d’éléments de la garde rapprochée du chef de l’État et de son épouse, gardent le profil bas depuis. Un premier conseil des ministres doit même se tenir incessamment à Bouaké, capitale de la rébellion. Toutefois, le gouvernement de M. Diarra n’a pas encore commencé à travailler. Les troupes françaises et celles de la CEDEAO se déploient à l'Ouest pour sécuriser la frontière du Libéria. Malheureusement, les médias d’État continuent de programmer des émissions appelant à la haine religieuse et tribale. La télévision nationale continue de recevoir sur le plateau de 20H des délinquants notoires et autres criminels jouissant de l’impunité, pour parler au nom des « vrais Ivoiriens ». 

Le pouvoir recrute et forme des milliers de jeunes gens pour perpétuer des tueries de masses le moment venu. Ces milices tribales s'entraînent dans les rues d'Abidjan. Le chef de l'État les a reçu à la présidence pour les encourager, tout en reconnaissant devant le corps diplomatique avoir acheté des armes (voir liste). On ne peut donc pas affirmer que la démocratie et l’État de droit soient de retour. 

Seydou Koné
Journaliste à Abidjan - 24/05/03

Liste du matériel de guerre livré par la firme "Northbridge Services Group" pour un montant de 22 milliards de F CFA. A cela s’ajoute quatre hélocoptères PUMA fabriqués en Roumanie
pour un coût de 8 milliards de FCFA :

- 6 blindés de type caspir de fabrication sud-africaine. Il s'agit de blindés
  spécialisés dans la lutte anti-guérilla
- 6 blindés Samil 4x4 
- 6 blindés Mamba
- 4 citernes blindées de transport de carburant de 12000 litres
- 1 citerne blindée de transport d'eau de 9500 litres
- 550 AK 47 ( mitraillettes) livrées avec 1 million de cartouches
- 100 mitrailleuses lourdes avec 1 million de cartouches (12,7mm) 
- 500000 munitions
- 2000 grenades à fragmentation;
- 50 RPG 7 ( bazooka courts)
- 1000 grenades anti-véhicules pour bazooka
- 1000 grenades pour "bazookas" 
- 6 mortiers de 81/ 82 mm, avec trépieds 
- 1200 munitions de type HE pour mortiers
- 600 mines anti-personnelles
- 200 munitions de type Illum
- Du matériel d'équipements militaires pour la lutte antiguérilla en milieu forestier :
  lampes à torches, bottes spéciales, combinaisons, produits anti-moustiques et
  anti-parasites.
- 4 hélicoptères PUMA
- 2 avions de chasse MIG-23
- Une dizaine de chars T55
- Une dizaine de blindés (transport de troupes bmp1 et bmp2)
- 300 missiles anti-chars
- une dizaine de mitrailleuses légères Neguev
- une centaine de mitrailleuses de 12,7 mm
- 160 mortiers de 81 mm, 105 mm, etc
- Des lances-missiles ATCP type SA 7
- 200 fusils de type Dragunov (pour les tireurs d'élite)
- 50 canons de 20 mm
- 10 canons de 90 mm
- 3000 roquettes air-sol
- 3500 lance-roquettes RPG 7 avec 45 000 roquettes
- 5 obusiers automoteurs 122 mm avec 5000 obus.

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Les intellectuels, seuls responsables de la crise ivoirienne

Les milliers de jeunes, mais aussi d'hommes et de femmes d'un certain âge que le Front populaire ivoirien - pourtant au pouvoir - déverse régulièrement dans les rues pour marcher, casser et piller avec la bénédiction des forces de l'ordre, sont les laissés-pour-compte de la société. La misère leur a fait perdre tout sens de la dignité et de l'honneur. On serait donc tenté de croire que la pauvreté, ou pire, la misère, est à la base de la guerre qui déchire l'ancienne vitrine de l'Afrique de l'Ouest. Mais en réalité, la misère n'est que le prétexte. Le seul responsable de la crise est l'intellectuel ivoirien.

Le FPI au pouvoir depuis les élections du 22 octobre 2000 a la latitude de combattre cette pauvreté. Le président Laurent Gbagbo peut donner les dix milliards de francs CFA qui suffisent pour régler le problème de l'École, comme il l'affirmait lui-même lorsqu'il était dans l'opposition. En effet, lorsqu'on considère tout l'argent dépensé par le pouvoir depuis le 19 septembre pour payer les mercenaires français, ukrainiens, angolais, sud-africains, zimbabwéens et libériens, ou encore pour acheter des chars, des hélicoptères, des fusils et des munitions, on ne peut pas dire que la pauvreté soit responsable de la guerre.

L'intellectuel ivoirien. Comment décrire cet animal-là ? C'est un homme ou une femme bardé de diplômes universitaires mais dont la poche de moralité est trouée. C'est " science sans conscience n'est que ruine de l'homme " fait homme. Le parti démocratique (PDCI) en a fourni une quantité industrielle, dont l'ancien président Henri Konan Bedié, père de l'ivoirité. N'est-ce pas Me Faustin Kouamé, conseiller de Bedié qui avait dit : " Même si M. Ouattara fournit un certificat de nationalité tous les jours, il ne sera jamais Ivoirien " ? De même, pour ne pas que la Constitution accorde au Nord le même nombre d'élus que le Sud, c'est le ministre Réné Djédjémel Diby qui criait lors des travaux de la Commission électorale (CCCE) : " Un député n'est pas fait pour commander la brousse ! "

A l'image du PDCI, toutes les autres formations politiques ont produit leurs cancres. Le Parti des travailleurs (PIT) a donné ce qu'il a de " meilleur ", son premier secrétaire national, le pr. Francis Wodié. A l'Université d'Abidjan, on le bombarde du titre de " premier constitutionnaliste d'Afrique " ! En 1995, il a accepté de servir de caution morale à Henri Konan Bedié en se présentant contre lui à des élections truquées. Depuis, les hauts faits d'arme de notre brillant professeur ne se comptent plus. N'est-ce pas dans son pays que " on a écrit l'article 35 pour écarter Alassane Ouattara ", dixit Gbagbo ? Dans la même veine, lorsque le FPI est arrivé au pouvoir, l'Université d'Abidjan a connu la plus grave pénurie d'enseignants de son histoire. Et pour cause. Tous les ministres, les président d'institution, les députés et même le chef de l'État y enseignaient... Résultat de cette ruée vers l'or à l'ivoirienne : la guerre civile après seulement deux ans !

La société dite civile, créée par le même collège de professeur d'université n'a pas failli à sa réputation. En octobre 2000, le grand professeur Honoré Guié, patron du GERDDES-CI puis patron de la commission nationale électorale (CNE) s'était empressé de proclamer son Mentor, Laurent Gbagbo, vainqueur des élections, alors que le tiers à peine des bulletins de vote avait été dépouillé. Le général Guéi a emporté ses récriminations dans la tombe. Par ailleurs, lorsque l'ONU avait publié son rapport sur les exactions qui ont accompagné Gbagbo au Palais, le tout aussi brillant professeur Réné Dégni Séguy, ancien patron de la ligue des droits de l'Homme (LIDHO) a pris sa plus belle plume pour pondre un contre-rapport. Sa charmante épouse, bombardée entre temps ministre déléguée aux droits de l'Homme, vient de lui emboîter le pas en attaquant le dernier rapport des Nations Unies sur la Côte d'Ivoire. Que dire de l'excellent professeur Bléou Martin, actuel patron de la LIDHO, qui était devenu aphone jusqu'à ce qu'un journal révèle que Bedié avait fait virer sur son compte en Suisse la bagatelle de cent millions de CFA ? Las...

Dernier en date à se fourvoyer, Me Louis Metan. Ancien Bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Côte d'Ivoire, Me Metan est l'actuel patron de la section ivoirienne de Amnesty International. Il est aussi l'Avocat du Chef de l'État pour le procès intenté à Bruxelles (Belgique) par les victimes du Charnier de Yopougon et du génocide Dioula de 2000. Laurent Gbagbo a réussi à lui faire pondre un faux rapport faisant état de l'assassinat d'une soixantaine de gendarmes et de leurs enfants à Bouaké, ville tenue depuis le 19 septembre par les mutins du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire. La contrepartie : le poste de ministre de la Justice dans le prochain gouvernement. Des gendarmes " assassinés " au combat, et dont le " charnier " avait été découvert par l'agence de presse catholique MISNA...

A l'heure où l'humanité toute entière appelle à une prise de conscience dans son pays, Me Metan décide ainsi de sacrifier son honneur et sa dignité pour un poste qui ne lui vaudrait que mépris. Peut-être a-t-il quelque chose à se reprocher. Comme les autres...

Koné Seydou
Journaliste en exil - 27/02/03

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France-Afrique :
Après la Baule de Mitterrand, Chirac impose sa griffe

Dialogue ou monologue ? Le traditionnel sommet entre les pays africains et le " grand-frère " ou le " tuteur " français vient de se tenir à Paris. Officiellement, c'était pour échanger les idées et accorder les violons. Il en ressort que le bâton vient d'être présenté aux chefs d'État africains, après la carotte de Mitterrand. Ils auront eu une décennie pleine pour accepter la démocratie. Désormais, les mauvais élèves auront droit à un procès en bonne et due forme devant le Tribunal pénal international.

Ce qu'il faut relever, c'est que la métamorphose s'est également produite au sommet de l'État français, au propre comme au figuré. En effet, lorsque François Mitterrand se débattait en 1990, Jacques Chirac, opposant, trouvait que " les africains ne sont pas mûrs pour la démocratie ". Aujourd'hui, au pouvoir, il trouve qu'ils sont tellement mûrs qu'il faille traduire en justice tous ceux qui voudraient les en priver.

On pourrait dire qu'en 1990, Chirac avait besoin du soutien logistique d'Houphouët, grand dictateur devant l'éternel, pour combattre Mitterrand. Raison pour laquelle, aujourd'hui, Gbagbo, le poulain des socialistes doit voir de toutes les couleurs. Mais il faut reconnaître que " le marcheur devenu président " n'a fait que progresser vers le bas. A l'opposé de son homologue français.

En 1990, Laurent Gbagbo se battait pour les nobles idéaux du socialisme. Puis, progressivement, il a abandonné Marx pour suivre Hitler. Après avoir suscité la création d'une milice ethnique dans l'armée ivoirienne, il a pris le pouvoir dans le sang et depuis, s'évertue à maquiller en nationalisme le tribalisme primaire, la xénophobie et le racisme qui sont ses repères.

L'ère des dictatures sanguinaires est donc bel et bien révolue. Saluons quand même le courage du général Eyadéma, du Togo, qui a tenu à être de la fête. Avec lui, bien d'autres chefs d'État africains méritent le sort de Milosévic. Une question de temps, peut-être...

Koné Seydou
Journaliste en exil - 27/02/03

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