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Côte d'Ivoire
Éditoriaux de Koné Seydou journaliste à Abidjan (Actuellement en exil) 

Amusant, convivial: installer un Karaoké sur son PC

 

Reprise probable de la guerre en Côte d’Ivoire

Le chantage du Président Laurent Gbagbo : les intérêts français et la vie de milliers de civils dans la balance contre son maintien au pouvoir.

Il achetait des armes depuis le début de la mutinerie, le 19 septembre 2002. La communauté internationale lui a donné six autres mois, après la signature des Accords de Linas-Marcoussis en janvier 2003, pour en acheter encore plus. Aujourd’hui, il est prêt. Non pas à engager les soldats loyalistes dans une autre guerre – ils ont signé la fin de la guerre avec leurs frères d’armes de l’ex-rébellion - mais à provoquer un bain de sang devant lequel le Rwanda ferait piètre figure.
Le 25 septembre 2003, le nouveau ministre de la Défense, faisant le tour des casernes d’Abidjan a recensé les doléances des soldats loyalistes. En gros, ils se plaignent d’être sous-équipés. Quelques jours avant M. René Amani, son nouveau collègue de la Sécurité, le ministre Bléou Martin, avait enregistré les mêmes récriminations de la part des policiers. Ceci est d’autant plus inadmissible que des tonnes et des tonnes d’armes de tout genre n’ont cessé de débarquer à Abidjan : orgues de Staline, chars russes, mines anti-personnelles, fusils d’assaut russes et israéliens, missiles et lance-missiles, lance-roquettes, etc. Depuis un an, cet armement est réceptionné par les fidèles du Président Gbagbo. Mais le matériel ne prend pas la direction des casernes militaires comme on pourrait s’y attendre : il est acheminé vers les bases des milices ethniques financées par le pouvoir avec l’argent du contribuable.
« Je suis un fils de pauvre », ne cesse de répéter le Président ivoirien. Quant aux caisses de l’État, elles sont sinistrées depuis une décennie. Il est donc évident que sans le soutien de ses amis de l’Internationale socialiste, Laurent Gbagbo n’aurait jamais les moyens d’entretenir la guerre civile qu’il a provoquée en Côte d’Ivoire. 
De nouvelles poudrières ont ainsi été confiées aux gendarmes de l’ethnie du Président, quant elles n’ont pas purement et simplement été créées dans les villages natals du Président, à Mama, et de son épouse Simone, à Bonoua. Dans ces dernières places fortes, des milliers de mercenaires angolais, sud-africains, français, ukrainiens et libériens, également payés par les amis de Guy Labertit et les milliards détournés des caisses de l’État, ont été préférés aux soldats loyalistes.
Mais Gbagbo ne compte pas sur les forces régulières pour relancer la guerre en vue de reconquérir les 60% du territoire qu’il ne contrôle pas. Il sait qu’il n’y arrivera pas. Sa stratégie : se maintenir au pouvoir, même après 2005, en jouant avec les mots « légitimité » et autre « Constitution » par lesquels il tient en respect la communauté internationale. En effet, au cas où la communauté nationale ou internationale chercherait à l’en empêcher, il est prêt à lancer ses partisans à l’assaut des intérêts français. Il l’a déjà fait à son retour de Paris : les écoles françaises ont été attaquées, ainsi que les locaux d’Air France, la base française du 43è BIMA, le Centre culturel français, et même l’ambassade de France. Quant au sort réservé aux populations civiles ivoiriennes et étrangères, il est rendu public par la presse financée par la présidence de la République :
« Si les rebelles attaquent une seule ville de Côte d’Ivoire, nous ripostons mais en attaquant tous les sympathisants de la rébellion » Telle est la mise en garde que tenait à faire le commandant Gnatoa Marc Bertrand de la compagnie panthère de la section GPP de Gagnoa (…) Pour lui, sa compagnie a été mise sur pied le 5 juillet 2003, d’abord pour porter main forte aux FANCI pour la défense de la patrie en guerre. Puis l’incorporation des combattants dans l’armée après la guerre et assurer la sécurité de la région du Centre-Ouest. Ce sont 14.031 éléments qui sont dispersés dans les 19 camps qui couvrent la région. (…) Concernant ses relations avec le ministre Kadet Gahé Bertin (chef du village natal de Gbagbo et ancien ministre de la Défense) supposé leur fournir des armes, voici ce qu’il en dit : (…) « Si d’aventure le ministre Kadet Bertin devait nous donner des armes, cela ne doit aucunement les effrayer ». (Le Filet n° 98 du jeudi 25 septembre 2003, page 2)
En ce qui concerne Abidjan, le « général » Eugène Djué, président de l’Union pour la libération totale de la Côte d’Ivoire (UPLTCI) déclare : « (le 19 septembre 2003) nous avons répondu à l’appel du gouvernement qui est de partir à la place de la République (…) nous avions entendu que certains marcheraient pour soutenir la rébellion. Nous étions donc allés pour voir si cela se passerait effectivement. C’est pour cela que nous avions marché et traversé toute la ville d’Abidjan (…) Nous avions déployé 1.500 personnes (…) par deux de ses grandes compagnies. A savoir : le GSP (groupement des soldats patriotes) et le MI 24 (mouvement des investis du 24 septembre) déployés ce jour pour accompagner les FANCI (…) Après une semaine, nous demanderons au président Gbagbo de reprendre le gouvernement initial comme avant le 19 septembre 2002 et que la guerre commence. (…) Nous sommes préparés en conséquence. Aujourd’hui, j’ai plus de 70.000 jeunes pour libérer la Côte d’Ivoire » (Le Filet n° 98 du jeudi 25 septembre 2003, page 7)
Le gouvernement de réconciliation peut voler en éclat et la misère s’accentuer, Gbagbo n’en a cure. L’ONU peut aller se faire voir, les Ivoiriens vont boire la ciguë jusqu’à la lie.

Seydou Koné
Journaliste en exil - 26.09.03

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Affaire I.B. :
Le bouc-émissaire parfait pour reprendre la guerre

Ce n'est un secret pour personne que le Président Laurent Gbagbo a signé contre son gré les Accords de Linas-Marcoussis. Depuis, il n'a cessé de se réarmer, avec le soutien de ses amis du parti socialiste français. Il n'a pas, non plus, cessé de former et de financer des milices tribales. En témoignent les nombreux rapports des Nations Unies et des organisations internationales de défense des droits de l'homme.
La presse ivoirienne avait annoncée pour bientôt la reprise de la guerre. Le quotidien " Le Patriote " avait même titré à la mi-août 2003 " Attention, Gbagbo est prêt ! ". Des rumeurs de coup d'État étaient alors entretenues dans les journaux proches du pouvoir. 
L'affaire I.B peut donc être considérée comme un signal. Se sentant sans doute suffisamment prêt, le pouvoir a déclenché l'offensive. Politique, pour l'instant, elle a consisté à monter une affaire bidon pour arrêter celui que Gbagbo considère comme sa bête noire, I.B. Une fois ce dernier hors d'état de nuire, les gendarmes sont allés réinstaller l'ancien directeur général de la RTI, M. Aboké, histoire de reprendre le contrôle des médias d'État. Suivent l'arrestation de certains officiers généraux, et de tous les soldats et autres hommes politiques qui sont susceptibles de présenter une menace, la remise en cause du mandat du Premier ministre, et pourquoi pas, la dissolution du gouvernement de réconciliation nationale. Revenu à la case départ, le pouvoir minoritaire et tribal d'Abidjan, pourra alors passer à la seconde phase, militaire, celle-là, en lançant les troupes à l'assaut de la moitié Nord du pays tenue par l'ex-rébellion.
Le MPCI, qui a ouvertement accusé le parti socialiste français d'être la cheville ouvrière de ce complot, a toujours invité la communauté internationale à se méfier du Chef d'État ivoirien, un homme qui n'a pas de parole.

Seydou Koné
Journaliste en exil - 31.08.03

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" Complot de Paris " :
Le dernier coup de pouce des socialistes français à Laurent Gbagbo

On croyait la guerre terminée, et la réconciliation nationale effectivement en marche en Côte d'Ivoire. Hélas, l'affaire " IB " ou le " complot de Paris ", du nom d'une sombre affaire de " déstabilisation ", tente de ruiner les efforts de l'ONU et de la communauté internationale. De quoi s'agit-il ? Tout se passe en ce mois d'août 2003.
Acte 1 : Donnant suite aux Accords de Marcoussis, les députés ivoiriens votent la loi d'amnistie des militaires impliqués dans les différents événements en Côte d'Ivoire depuis 1999.
Acte 2 : Le ministre de la Défense par intérim signe une ordonnance réintégrant dans les forces armées nationales tous les militaires déserteurs.
Acte 3 : Le MPCI demande à une figure emblématique du soulèvement militaire contre les autorités corrompues, le sergent-chef Ibrahima Coulibaly dit " I.B ", de rentrer au pays. L'homme est réfugié depuis trois ans au Burkina Faso, et est soupçonné d'être l'un des mentors de la rébellion qui a coupé le pays en deux.
Acte 4 : Le " Major I.B " quitte Ouagadougou pour la Belgique et la France, où il va retrouver sa famille et tous ceux qui l'ont soutenu pendant son exil.
Acte 5 : A Paris, " I.B " annonce sur les antennes de RFI, son retour au pays, pour le mois de septembre 2003. Il reçoit, à longueur de journée, à l'Hôtel Méridien, au vu et au su de tout le monde.
Acte 6 : Les journaux financés par la présidence ivoirienne (Notre Voie, Le Temps, L'Inter, Soir Info, Ivoire Forum, Le Journal) annoncent que " I.B " est en France pour préparer l'assassinat de Gbagbo, en complicité avec M. Jacques Chirac.
Acte 7 : Quatre mercenaires supposés sont arrêtés dans un aéroport parisien, alors qu'ils s'apprêtaient à prendre un avion pour Abidjan. L'un d'entre eux, se révèlera être un employé de l'ambassade de Côte d'Ivoire en France, militant du parti au pouvoir.
Acte 8 : Le même jour, sur instruction d'Abidjan, un certain nombre de personnes, dont " I.B ", sont interpellées à travers la France. Leurs signalements ont été donnés depuis la présidence de la République, à Abidjan. On parlera pompeusement de " coopération fructueuse entre les services de renseignements ivoiriens et français ".
Acte 9 : La France se félicite immédiatement d'avoir déjoué un complot visant à déstabiliser la Côte d'Ivoire, " un pays ami ". Abidjan adresse, avec le même empressement, ses félicitations à Paris.
Acte 10 : Déjà, à la DST à Paris, les " mercenaires ", avec le même empressement, " avouent " avoir été recrutés par " I.B " pour assassiner Laurent Gbagbo et certains de ses proches. Ils n'attendent même pas d'être, d'abord, devant le juge anti-terroriste, Jean-Louis Bruguière, à qui l'affaire a été confiée.
Acte 11 : Le FPI monte immédiatement sur ses chevaux, et décide de " casser la baraque " en rejetant tous les accords du revers de la main. Son président, M. Affi N'Guessan, accuse le Premier ministre et l'opposition de complicité. "C'est le MPCI qui est à la base de ce complot, or le MPCI, c'est le RDR, et le RDR, c'est Alassane Ouattara. Nous savons tous que la déstabilisation de la Côte d'Ivoire depuis 1993, c'est Alassane Ouattara. (...) Le MPCI, c'est la branche armée du RDR", dit-il, en substance.
Acte 12 : De nombreux médias français et ceux financés par la présidence ivoirienne sont mis à contribution pour intoxiquer l'opinion publique au maximum. Les " révélations " se succèdent, alors même que les faits n'ont pas été établis, et que le principal accusé n'a même pas été inculpé. De fait, il ne bénéficie plus de la présomption d'innocence, puisque le verdict est déjà tombé de la bouche du Quai d'Orsay et de la Présidence ivoirienne...
Première question : pourquoi chercher à tuer quelqu'un qui n'est plus président que de nom, puisque les Accords de Marcoussis donnent le pouvoir exécutif au Premier ministre ?
Seconde question : Le " Major I.B. " est-il réellement le talon d'achille de la rébellion ?
Troisième question : les jeunes recrues de l'ethnie du Président Gbagbo qui ont été rapidement formées dans les camps militaires peuvent-elles réussir là où des soldats et autres mercenaires chevronnés tels que " Malacrino " ont échoué, quand bien même elles bénéficieraient du " soutien logistique " de la Force Licorne ?
Il faudrait pouvoir répondre avec assurance à ces questions avant d'encourager la reprise de la guerre.


Seydou Koné
Journaliste en exil - 31.08.03

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Gouvernement de réconciliation nationale :
Des ministres pour quoi faire ?

Un communiqué de la Présidence de la République annonce pour bientôt la tenue d'un Conseil des ministres qui verrait la nomination des ministres de la Défense et de la Sécurité. Mais au vu de ce qui s'est produit vendredi 29 août 2003 à la Maison de la Télévision, l'on pourrait se demander a quoi serviraient ces nominations.
Le Directeur général de la RTI, M. Georges Aboké, a commis une faute grave. Le ministre de la Communication, son supérieur hiérarchique, a failli être assassiné dans ses bureaux. Il a donc été relevé de ses fonctions, et la sanction, entérinée en Conseil des ministres. A la surprise générale, le Chef de l'État envoie une escouade de gendarmes le réinstaller de force. Parce que son parti, le FPI, par la bouche de son premier responsable, M. Pascal Affi N'Guessan, n'a pas approuvé cette sanction. Parce que, également, les " jeunes patriotes " de Blé Goudé, rassemblement des milices tribales financées par la présidence de la République, et qui ont revendiqué l'assassinat manqué du ministre, exigeaient ( ?!?) la réinstallation de M. Aboké.
Si le gouvernement de réconciliation nationale accepte d'entrer dans ce jeu, alors, il n'a plus aucune raison d'exister. En effet, n'importe qui pourra détenir les portefeuilles de la Défense et de la Sécurité, puisque, en définitive, les ordres viendront de M. Gbagbo. Les escadrons de la mort pourront toujours sévir et les forces de sécurité et de défense commettre des exactions en toute impunité, les ministres fantoches n'auront plus qu'à " exécuter les ordres et la boucler ", selon la belle formule du dernier ministre de la Défense, M. Kadet Bertin, ci-devant chef du village natal de M. Gbagbo.
Alors, si le gouvernement de M. Seydou Diarra ne sert plus à rien, à quoi serviraient les forces d'interposition de la France, de la CEDEAO et des Nations Unies ? M. Kofi Annan n'aurait plus qu'à rappeler son représentant spécial en Côte d'Ivoire et les diplomates se taire pour redonner la parole aux armes.

Seydou Koné
Journaliste en exil - 31.08.03

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Les militaires déposent les armes : la guerre est finie !

Ce 4 juillet 2003, les militaires ivoiriens des deux camps - loyalistes et rebelles - ont décidé de mettre un terme à la guerre qui endeuille la Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002.
C'est devant le chef de l'État, les représentants de l'Organisation des Nations Unies, le corps diplomatiques, les présidents des institutions républicaines, bref, un parterre de personnalités étrangères et ivoiriennes, que les soldats se sont engagés dans l'application des Accords de Linas-Marcoussis (France) et d'Accra I et II (Ghana) obtenus depuis des mois déjà par les hommes politiques. Symboliquement, le chef d'État-major des Forces armées nationales (FANCI), le général de division Mathias Doué, a remis une kalachnikov entre les mains des colonels Kadio Miézou (FANCI) et Soumaïla Bakayoko (Forces nouvelles), lesquels l'ont ensuite remis au président Laurent Gbagbo.
Ce qu'il faut retenir, c'est que les militaires en ont profité pour mettre en garde les hommes politiques ivoiriens contre de nouvelles dérives. Nous vous proposons l'intégralité de cette déclaration:

Déclaration conjointe

"Face au péril grave qui pèse sur le processus de réconciliation nationale, les forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire et les forces armées des Forces Nouvelles se sont rencontrées, le mercredi 02 juillet 2003 à Abidjan et ont convenu de la présente déclaration au fait de rassurer les populations vivant en Côte d'Ivoire et de consolider la culture de paix qui habitent la grande majorité des Ivoiriens. Ainsi :
- Considérant que la Côte d'Ivoire a suffisamment souffert de la guerre dans laquelle elle est plongée depuis le 19 septembre 2002 ;
- Considérant qu'il faut faire cesser immédiatement la douleur et la détresse des populations ;
- Considérant que tous les conflits s'achèvent nécessairement par le dialogue et la concertation ;
- Considérant que chaque mort supplémentaire est inutile et complique davantage la réconciliation ;
- Considérant que la partition même momentanée de la Côte d'Ivoire ne profite à aucune partie ;
- Considérant que la guerre ne peut se justifier au regard de la valeur en rapport avec l'intérêt général du collectif et que seul celui-ci peut commander le sacrifice d'un combattant ;
- Considérant que la Côte d'Ivoire est le bien commun de tous les Ivoiriens et comme tel, elle représente l'intérêt général à défendre, vaille que vaille ;
- Considérant que la diversité des communautés, des traditions, des cultures, des croyances et des opinions est source de richesse ;
- Considérant que la viabilité de la Côte d'Ivoire réside dans son économie et que cette économie est mise en mal par plus de huit mois de guerre ;
- Considérant l'intérêt que la communauté internationale porte à la Côte d'Ivoire à travers le déploiement des forces impartiales de la MINUCI, de la MICECI et de "Licorne" ; 
- Considérant la nécessité de garantir à la jeunesse et aux générations futures des chances égales.
Les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire et les Forces armées des Forces nouvelles, prenant acte du cessez-le-feu intégral signé le 03 mai 2003 et la levée des zones de guerre :
1- déclarent la fin de la guerre ce jour 04 juillet 2003 ;
2- s'engagent à soutenir les dispositions des accords de Linas-Marcoussis et des aménagements d'Accra ;
3- affirment leur subordination au Président de la République et au gouvernement de réconciliation nationale ;
4- sont déterminées à œuvrer ensemble pour dissuader toute velléité de reprise des hostilités par des manipulations souterraines et irresponsables et à pacifier le territoire national en se débarrassant de tous les combattants étrangers ;
5- réaffirment la poursuite du programme national de démobilisation, de désarmement et de réinsertion ;
6- soutiennent les actions visant le retour à la normalité administrative, économique et sociale. En conséquence, les Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire et des Forces armées des Forces Nouvelles :
7- recommandent au Président de la République de nommer dans les délais raisonnables les ministres à charge de la Défense et de la Sécurité conformément aux procédures d'Accra II ;
8- invitent les députés à voter la loi d'amnistie qui leur sera proposée par le gouvernement de réconciliation nationale car cette disposition soulevée par l'accord de Linas-Marcoussis réunifiera la Côte d'Ivoire en soumettant toutes les populations aux mêmes lois
9- demandent à tous les agents de l'État, en particulier, ceux en contact direct avec les populations de faire preuve de justice, de rigueur, de probité et de responsabilité républicaine dans l'exercice de leur fonction ;
10- invitent les hommes politiques à s'impliquer, sans réserve, dans l'application des dispositions des accords de Linas-Marcoussis et d'Accra dont ils sont les signataires;
11- appellent les hommes politiques à suspendre le réarmement des forces et à différer les livraisons d'armes afin de faciliter la mise en œuvre du programme national de démobilisation, du désarmement et de réinsertion ;
12- exhortent les hommes politiques à poser des actes allant dans le sens de l'unité nationale et à tenir des discours rassembleurs ;
13- invitent avec insistance la presse nationale à agir au profit du rapprochement des populations, de l'unité et de la concorde nationale ;
14- appellent la jeunesse ivoirienne, dans sa totalité, à l'union, la fraternité et au respect des lois et dispositions légales ;
15- s'engagent à démanteler partout en Côte d'Ivoire les groupements de jeunes mal intentionnés, armés ou non, aux fins de sécuriser la population et rassurer la communauté internationale ;
16- invitent l'ensemble des populations vivant sur le territoire ivoirien à cultiver la tolérance et le respect des différences ;
17- s'engagent à garantir une égale sécurité à toutes les populations et en particulier aux membres du gouvernement de réconciliation nationale ;
18- mettront tout en œuvre pour favoriser la libre circulation des biens et des personnes sur toute l'étendue du territoire national. 
Fortes de ce qui précède, les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire et les Forces armées des Forces Nouvelles estiment que notre pays a suffisamment payé le prix du sang durant ces longs mois de guerre. 
Toutes les populations vivant en Côte d'Ivoire doivent donc s'inscrire dans la logique de la paix actuelle en abandonnant définitivement les attitudes et les propos qui divisent. Car le sang versé pendant cette guerre doit servir de fondement à un nouvel élan de fraternité et de solidarité. C'est pourquoi, aujourd'hui, la Côte d'Ivoire doit prendre date avec l'histoire en montrant aux yeux de la communauté internationale qu'elle dispose de la ressource et de la capacité nécessaires à transcender ses contradictions pour s'inscrire à nouveau dans la paix. 
En outre, le devoir de mémoire impose de nous souvenir des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont morts ou marqués à jamais dans leur chair par cette guerre. 
Dans la défense des valeurs qui nous sont chères, nous, soldats des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire et des Forces armées des Forces Nouvelles, avons fait notre devoir. Il s'agit à présent de savoir tirer les leçons de cet engagement pour que notre pays ne connaisse plus jamais la guerre. Pour cela, nous les acteurs de premier plan pendant cette guerre, unis dans la seule volonté de retrouver une armée nationale véritablement républicaine, traçons les sillons de notre devenir commun en acceptant de taire les armes au profit de la discussion et de la concertation. 
Enfin, les Forces armées de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire et les forces armées des forces nouvelles, ensemble, invitent toutes les populations vivant sur le territoire ivoirien à les suivre dans cette voie de paix car, elles n'hésiteront pas à prendre leur responsabilité en cas de nouveau désordre.

Fait à Abidjan, le 04 juillet 2003

Pour les Forces armées de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire
Le Général de Division Mathias Doué
Chef d'État d'État-major des Armées
P/O Colonel Kadio Miézou, Chef du COIA

Pour les forces armées des forces nouvelles
Le Colonel Soumaïla Bakayoko 
Chef d'État-major par intérim des Forces armées des Forces Nouvelles"

Seydou Koné
Journaliste en exil - 04.07.03

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Gouvernement de réconciliation nationale:
Communiqué du Conseil des ministres extraordinaire du lundi 16 juin 2003

Mesdames, Messieurs,

Pendant plusieurs décennies, notre pays, la Côte d'Ivoire a vécu dans la stabilité et la paix, valeurs auxquelles ses habitants sont restés très fortement attachés, au point d'en faire une tradition.
Cependant, les graves évènements successifs qui ont émaillé la vie politique et sociale de la Côte d'Ivoire depuis ces dix dernières années, et en particulier, les récents événements qui ont conduit à la guerre ont mis de manière tragique un terme à cette situation exceptionnelle dans la sous-région.
En effet, depuis ces derniers événements, la Côte d'Ivoire vit la plus grave crise de sa récente histoire, dont les conséquences sont dramatiques aux plans politique, économique, social et psychologique.
Nous déplorons, entre autres : 
- les nombreuses pertes en vies humaines qui ont endeuillé des familles entières et fait des milliers de veufs, de veuves et d'orphelins ; 
- les mutilés et blessés de guerre, les handicapés de toutes natures ;
- les déplacés, les réfugiés et les exilés qui réduisent les forces vives de la nation ;
- les traumatismes psychiques ; 
- la détérioration de l'état sanitaire des populations,
- les destructions massives et brutales de biens matériels, fruit de toute une vie de labeur ; 
- la partition de fait du territoire national qui a entraîné la désorganisation, voire la disparition de l'Administration publique dans certaines zones ;
- la destruction et la dégradation de l'outil de production provoquant le ralentissement ou l'arrêt des activités dans de nombreux secteurs de l'économie nationale, avec son cortège de licenciements, de chômage, et d'accroissement de la pauvreté ; 
- le climat d'insécurité qui a entraîné la remise en cause des relations de la Côte d'Ivoire avec certaines institutions internationales
- la détérioration du climat politique qui se traduit par le manque de confiance réciproque et la suspicion généralisée ; 
- l'exacerbation des clivages de toutes sortes ;
- la déchirure du tissu social
- la détérioration de l'image et du prestige du pays.

Toutes ces pertes matérielles, en vies humaines et les dérives qu'elles entraînent menacent les fondements même de la Nation. Malheureusement, beaucoup de nos compatriotes semblent ne pas avoir pris conscience de l'ampleur de ces drames.
Ces faits suffisamment graves interpellent notre conscience collective et nous invitent à renoncer définitivement à la guerre et à dire ensemble "plus jamais ça !"
C'est justement conscient des conséquences de la guerre, et du rôle important de la Côte d'Ivoire aux plans régional, sous-régional et international, que dès le début du conflit, le Président de la République, garant de l'unité nationale et de l'intégrité du territoire, a opté de façon ferme et résolue pour une cessation des hostilités et un retour à la paix, par la voie du dialogue et de la concertation.
Dans cette optique, tous les acteurs de cette crise n'ont ménagé aucun effort à travers les pourparlers d'Accra I, de Lomé et de Dakar qui ont abouti au premier cessez-le-feu de Bouaké, puis aux Accords de Linas Marcoussis et d'Accra II.
La formation du Gouvernement de Réconciliation nationale qui en a résulté et dans lequel se retrouvent toutes les sensibilités politiques ainsi que les parties qui étaient en conflit, illustre et confirme l'option et la volonté commune de la majorité des Ivoiriens de mettre fin à cette guerre qui n'a que trop duré et causé trop de tort à notre pays.
Pour aboutir à un retour à la vie normale, le Président de la République et le Gouvernement de Réconciliation nationale, dès sa mise en place, ont mené des actions et pris un certain nombre de mesures, dont les principales sont : 
- la rencontre de Kara qui a créé les conditions de la signature d'un cessez-le-feu intégral sur toute l'étendue du territoire,
- la levée du couvre-feu,
- la suppression des zones de guerre ;
- la levée des barrages civils sur la quasi-totalité de l'entendue du territoire ; 
- des avancées notables dans l'établissement de couloirs économiques et l'ouverture du trafic entre la Côte d'Ivoire et ses voisins ; 
- le déploiement conjoint des Forces armées nationales, des Forces nouvelles, des Forces de l'opération Licorne et des Forces de la CEDEAO à l'Ouest du pays ; 
- la tenue d'un Conseil de Gouvernement à Bouaké.

La mise en œuvre de ces mesures et actions a permis d'obtenir les avancées significatives suivantes :
- les progrès dans les échanges économiques et commerciaux avec les pays de la sous-région ; 
- l'amélioration de la situation sécuritaire, avec le retour d'Abidjan à la phase 3 du système des Nations Unies ;
- le respect du cessez-le-feu intégral marqué par une accalmie sur tous les fronts ; 
- le passage en phase 2 du système français, avec l'ouverture, dès septembre prochain, des établissements scolaires français en Côte d'Ivoire ; 
- la création de zones de confiance;
- la sécurisation progressive de l'ensemble du territoire ; 
- la tenue des réunions des Conseils généraux à Bouaké et à Sakassou.

Le Président de la République et le Gouvernement de Réconciliation nationale observent avec satisfaction que toutes ces mesures et actions contribuent fortement à l'instauration d'un climat de confiance entre les Ivoiriens eux-mêmes, d'une part, et entre la Côte d'Ivoire et la communauté internationale, d'autre part.
A ce jour, tous s'accordent à reconnaître que le processus de paix et de réconciliation se poursuit avec célérité. En effet, les concertations entre les États-majors des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso, en vue de la réouverture et d'un meilleur contrôle des frontières, viennent de s'achever.
Et dès demain, mardi 17 juin 2003, une rencontre importante aura lieu entre les FANCI et les Forces nouvelles, pour déterminer les sites de cantonnement des forces en présence.
Ces actions seront poursuivies dans les mois et semaines à venir pour consolider la paix et renforcer l'esprit de réconciliation, afin de faire disparaître, de façon définitive, les clivages et les divisions nés de la guerre.
C'est ainsi qu'au plan politique, des missions ministérielles sont prévues, dès la semaine prochaine, sur l'ensemble des zones Nord et Ouest.
Au plan administratif, le redéploiement de l'Administration territoriale sur l'ensemble du pays démarrera dans quelques semaines... Ceci devra achever de garantir la sécurité et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire.
Au plan économique, on observe une amorce de reprise dans le secteur privé. Une importante mission gouvernementale conduite par le Premier ministre se rendra au cours du mois de juillet auprès de nos partenaires extérieurs au développement en vue d'une relance et d'une re-dynamisation des relations bilatérales et multilatérales.
En outre, l'appui des bailleurs de fonds au programme de reconstruction devrait permettre à court et moyen termes à notre pays d'entreprendre la réhabilitation de ses infrastructures socio-économiques et la relance de son économie.
Au plan international, toutes ces actions devraient permettre à la Côte d'Ivoire de reprendre sa place et son rayonnement dans le concert des nations.
Aujourd'hui, tous les acteurs de la vie économique et politique, nationale et internationale, s'accordent à reconnaître que la Côte d'Ivoire est appelée à reprendre son rôle moteur dans le développement sous-régional, compte tenu des avancées constatées.
La qualité de ses infrastructures et la richesse de ses ressources humaines confèrent à notre pays un potentiel indéniable. Ces atouts devraient permettre à la Côte d'Ivoire, réconciliée et stabilisée durablement, de figurer dans l'élite des pays à économie émergente.
Face à ces enjeux et défis majeurs, et aux avancées significatives du processus de réconciliation, le Président de la République et le Gouvernement déplorent, malheureusement, des dérives verbales et des actes posés par certains de nos compatriotes qui sont de nature à fragiliser la paix et le processus de réconciliation.
Le Président de la République et le Gouvernement réaffirment, ici et maintenant, leur engagement total, ferme et résolu pour la paix et la réconciliation nationale. C'est un choix mûri et délibéré, car ils restent plus que jamais convaincus qu'il n'y a pas d'autres alternatives à la résolution de notre crise que la recherche à tout prix de la paix et de la réconciliation.
Pour le destin de notre grand pays et pour le devenir de notre jeunesse, le présent nous le commande et l'avenir l'exige.
C'est pourquoi, le Président de la République et le Gouvernement interpellent fermement tous ceux ou toutes celles, à quelque niveau que ce soit, qui tiendraient des propos ou poseraient des actes de nature à compromettre le retour définitif à la paix et la réconciliation entre toutes les filles et tous les fils de notre Nation et les invitent à la mesure, au sens des responsabilités, au dépassement de soi et au pardon dans l'intérêt national.
Le Président de la République et le Gouvernement tiennent à réaffirmer que le Gouvernement de réconciliation nationale est un ensemble cohérent. Il ne doit donc exister ni doute ni ambiguïté quant à la confiance existant entre ses membres et leur solidarité dans la conduite des affaires de l'État.
Aujourd'hui plus qu'hier, le Président de la République et le Gouvernement de Réconciliation nationale sont l'émanation d'une Côte d'Ivoire une et indivisible, du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest.
Plus que jamais conscients de la responsabilité qui leur incombe de réussir le pari de la paix et de la cohésion sociale, le Président de la République et le Gouvernement en appellent au civisme, à la responsabilité individuelle et collective, au patriotisme de tous. Ils demandent en particulier : 
- aux Hommes politiques, de faire désormais de retenue et d'adopter en toutes circonstances des comportements républicains ; 
- aux Fonctionnaires et aux Forces de l'Ordre, de prendre conscience de leur responsabilité particulière et d'accomplir leurs tâches quotidiennes dans un esprit républicain ;
- aux Responsables et aux éléments des Forces Nouvelles, de continuer à s'impliquer dans le processus de paix et d'accomplir leurs tâches quotidiennes dans un esprit républicain ;
- aux Responsables de syndicats, d'organisations socioprofessionnelles et de la société civile, de poursuivre leurs efforts de réconciliation et de paix, pour la reconstitution du tissu social et d'inviter surtout leurs membres à écarter toutes invectives et à s'engager résolument dans la voie de l'apaisement et de la réconciliation ; 
- aux Responsables des confessions religieuses, de continuer à agir et à prier pour la paix et à exhorter leurs fidèles à s'inscrire résolument dans le processus de paix et de réconciliation ;
- aux animateurs des médias privés et publics, d'exercer leur métier dans le strict respect de l'éthique et de la déontologie professionnelle, dans l'intérêt supérieur de la Nation ; 
- aux communautés étrangères vivant en Côte d'Ivoire, d'agir dans le sens de la préservation de la paix sociale, de l'apaisement et d'inviter les uns et les autres au respect des lois ivoiriennes et des institutions républicaines ;
- à la Communauté internationale, de soutenir et d'accompagner le processus de réconciliation et de paix ; 
- aux partenaires au développement, d'élargir leurs champs d'intervention et d'accroître les ressources nécessaires à la reconstruction du pays ; 
- aux Citoyens de la République de Côte d'Ivoire, de s'engager résolument, chacun à son niveau, à apporter sa contribution effective et son sacrifice personnel à la réconciliation nationale et à la paix.

Si la guerre a suscité un énorme élan de solidarité, il faudrait que la recherche de la paix et la réconciliation en suscitent davantage. Il faut donc maintenant, qu'à l'effort de guerre, se substitue l'effort de paix.
Ensemble mobilisons-nous afin de permettre à la Côte d'Ivoire, notre beau pays, de demeurer la partie de la vraie fraternité, le modèle d'hospitalité et de l'espérance promise à l'humanité !

Vive la Côte d'Ivoire, unie, indivisible et prospère !

Je vous remercie.

Signé: Patrick Achi,
porte-parole du gouvernement
Abidjan

Communiqué par Koné Seydou
Journaliste en exil - 17/06/03

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