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Perfidie, roublardise, manipulation… :
La communauté internationale découvre Laurent Gbagbo
A peine le rideau est-il tombé sur la table-ronde de Linas-Marcoussis, sensée ramener la paix en Côte
d’ Ivoire, que le chef de l’ État ivoirien sert à la communauté internationale un aperçu de sa nature de parjure qui n’a aucun sens de l’honneur ni de la dignité. Pourtant à la conférence de presse des chefs
d’ État qui s’étaient réunis au chevet de son pays, le 26 janvier 2003, à Paris, Laurent Gbagbo avait laissé croire qu’il avait enfin compris. A peine rentré au pays, le voici qui encourage les jeunes désœuvrés de sa tribu à descendre dans la rue, à casser et à piller en toute impunité, sous la protection des forces de l’ordre.
Le président ivoirien, « par accident », comme disent les mauvaises langues, connaissait le contenu des accords de Marcoussis lorsqu’il les a signées. Et pourtant, Gbagbo les qualifie aujourd’hui de « propositions ». De même, ce samedi 1er février 2003, des dizaines d’autobus ont été réquisitionnés pour aller chercher, jusqu’à des centaines de kilomètres
d’ Abidjan, des manifestants, et venir les déverser sur les autoroutes ou à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, dans le but de faire croire que les Ivoiriens ne veulent pas des accords de Marcoussis. Double langage et manipulation de l’opinion. Comme il a manipulé la conscience de ses parents en leur faisant croire que les « sudistes » sont les seuls « vrais Ivoiriens », et qu’il est de leur devoir de « sauver » la patrie, en chassant les étrangers et en dépouillant les autres de leurs biens.
Pour amener la population à sortir participer au référendum, l’homme disait que le texte de la Constitution n’était pas parfait, mais qu’il fallait le voter pour faire partir les militaires. Ensuite, au Forum pour la réconciliation nationale, il avait même avoué que l’article 35 de cette Constitution avait été écrit dans le but d’empêcher la candidature d’une personne bien déterminée. Au finish, c’est pourtant le même Gbagbo et ses collègues professeurs d’université qui combattront farouchement toute idée de révision de la Constitution de la Iiè République. De même, après les présidentielles truquées d’octobre 2000, Gbagbo avait juré devant un émissaire du gouvernement américain que les législatives seraient démocratiques. Mais à peine, le Rassemblement des républicains avait-il levé son mot d’ordre de boycott de ces élections, que l’homme avait retourné sa veste… L’homme est donc toujours égal à lui-même.
Après que ses soldats aient été mis en déroute par les mutins, Gbagbo et ses parents ne juraient plus que par les soldats français pour les contenir et les empêcher de prendre Abidjan. Aujourd’hui, à défaut de créer des emplois, il pousse la jeunesse désœuvrée à s’en prendre aux ressortissants et aux intérêts français en Côte d’Ivoire, sous prétexte que les accords de Marcoussis ne l’arrangent pas. « A chacun son petit français ! », crient les jeunes « patriotes » du Front populaire ivoirien, dans la rue, sous l’œil bienveillant de la Justice et des forces de l’ordre.
En vérité, ce qui se passe aujourd’hui ne devrait surprendre personne. C’est l’homme, tel qu’il a toujours été. Ce ne seraient pas les premiers engagements qu’il aura pris pour ensuite, immédiatement, les fouler au pied. Quant à ses partisans, ils savent que les carottes sont cuites, que le pouvoir leur a échappé et qu’ils vont, maintenant, devoir rendre des comptes. Cela valait bien une dernière marche…
Seydou
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Casses, injures, intimidations… :
Le FPI hier, aujourd’hui, et peut-être demain
Au pouvoir, le Front populaire ivoirien (FPI) a conservé ses « bonnes » vieilles habitudes : marcher, agresser, casser, piller, vilipender les chefs
d’ État étrangers. Voici un parti qui prétend être au pouvoir, et qui ne fait qu’organiser des manifestations de protestations… au lieu de gouverner !
C’est au stade Félix Houphouët-Boigny à l’occasion de la célébration d’une journée des martyrs, le jour même où l’opposition voulait organiser la sienne, que Laurent Gbagbo a fait sa première sortie de président. Se croyant encore dans l’opposition, l’ancien syndicaliste s’était lancé dans des discours populistes dont lui seul a le secret. C’est ainsi qu’aux investisseurs qui commençaient à plier les bagages, il avait eu cette phrase célèbre :
« laissez-les, ils vont revenir ! »
Après avoir cassé, dans l’opposition, voici le FPI qui continue de casser, au pouvoir. A défaut de construire, le parti de Laurent Gbagbo se lance à corps perdu dans la démolition. Démolition de la nation ivoirienne. Démolition de la moralité dans la gestion des affaires publiques. Démolition de l’école, transformée en champ d’expérimentation de l’art de se découper à la machette. Démolition de l’honorabilité de l’habit de chef
d’ État. Démolition des infrastructures par la guerre… La Côte
d’ Ivoire, hier, modèle d’intégration sous-régionale et de développement, n’est, aujourd’hui, que ruine et désolation.
Le jour où Laurent Gbagbo s’installait dans les meubles, les gendarmes de sa tribu tiraient à la kalachnikov sur des civils désarmés, et sa charmante épouse faisait le tour des hôpitaux pour inciter les médecins à ne pas soigner les blessés « Dioula ». Chaque fois qu’il s’est agi de corriger la trajectoire de la barque commune, le navire ivoire, ce sont des dizaines, voire des centaines et des milliers de voyous qu’il jetait dans la rue pour faire du boucan. Le plus de boucan possible, pour faire « majorité ». Pourtant, lorsqu’il s’agit d’aller au charbon, ni lui, ni ses parents ne font le poids.
Depuis le 19 septembre 2002, il ne s’agit plus de tirer sur des civils aux mains nues, ni de violer des pauvres dames à
l’ École de police, sous la menace des kalachnikovs, ni d’arracher la barbe des Musulmans pour la leur faire manger, ni de torturer de pauvres hères dont le seul « tort » est d’être originaires du Nord. Alors, les « guerriers » ont disparu. Les gendarmes qui brandissaient des armes de guerres dans les rues
d’ Abidjan pour racketter les transporteurs refusent de croiser le fer avec le MPCI. Les policiers qui jubilaient chaque fois qu’il était question de tuer en toute impunité, abandonnent leur culotte sur le champ de bataille face au MPIGO. Les
« woudy » qui prétendaient pouvoir « faire pleuvoir du feu sur la tête du Mali et du Burkina Faso », détalent comme des lapins à l’approche des soldats du MJP. Même le mythomane chauve, Charles Blé Goudé, bombardé « général des jeunes patriotes » a pris ses jambes à son cou, à Lomé, lorsqu’un simple sous-officier lui a donné quelques claques amicales. Après un court séjour à l’hôpital, suite à ce combat épique, revoilà notre « général » dans la rue, au milieu de ses troupes. A l’image de son président. En toute impunité, on paralyse les activités commerciales, on perturbe la circulation, on pille, on casse…
C’est le visage que le FPI a montré hier. C’est celui qu’il montre aujourd’hui. Demain, lorsqu’il se retrouvera dans l’opposition, il ressortira ses théories des tiroirs et reprendra la rue. Au nom de la démocratie !
Seydou
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Adieu
« H » :
L’escadron de la mort a frappé… une fois de trop !
L’un des plus grands comédiens de Côte
d’ Ivoire vient d’être lâchement assassiné par les miliciens de Laurent Gbagbo. Camara Vakaramoko Yêrêfê, plus connu sous le pseudonyme de « H » (prononcez « ache »), a été enlevé aux environs de 21H par des soldats, la nuit du vendredi 1er février 2003, à son domicile sis à
Yopougon, un quartier dortoir situé au Nord d’Abidjan. Selon son fils, les agents ont dit qu’ils le conduisaient à la Direction de la surveillance du territoire (DST, police). Son corps a été retrouvé dans la rue le lendemain, dimanche matin, dans la commune
d'Adjamé. Ainsi disparaît l’un des comédiens les plus talentueux de notre pays.
« H », que j’appelais affectueusement « grand-frère » a connu une adolescence plutôt turbulente à
Tengrela, dans l’extrême Nord de la Côte d’Ivoire. Puis il s’est illustré sur les planches, à Abidjan. Du théâtre, il est venu au cinéma. Il a explosé au petit écran, où il jouait dans de petites séries humoristiques. Entre temps, sa rencontre avec la religion l’avait particulièrement assagi. Le dernier virage de sa vie, « H » l’a amorcé, lorsque, las devant les injustices dont est victime une partie de la population, il a décidé de combattre l’ « ivoirité ». C’est ainsi qu’il va militer au Rassemblement des républicains (RDR). Ce qui va lui valoir de connaître la prison. Après un séjour de plusieurs mois à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), où il était l’imam des prisonniers, il perd son boulot à la télévision nationale. Mais plus convaincu que jamais, il devient un militant actif de l’opposition. C’est ainsi qu’il lira une déclaration au nom du comité de crise du RDR mis en place au début de la guerre, lorsque tous les responsables de son parti avaient été obligés de se mettre à l’abri des dérives du régime de Laurent Gbagbo. Notre dernière sortie commune a été la tournée effectuée dans les dix régions du pays, bien avant le début de la guerre, par le Dr Alassane Ouattara (ADO), leader du RDR. Participant à presque toutes les étapes, « H » galvanisait les foules immenses qui sortaient à la rencontre d’ADO, avec le « Nangaman danse ».
Les « escadrons de la mort » ont donc frappé. Ces commandos formés de gendarmes et de policiers Bété, de l’ethnie du Président Gbagbo, ont dressé une liste de personnalités à abattre. Ils tiennent ces derniers pour responsables de l’incapacité de « leur frère » à gouverner. Il y en a plusieurs. A propos de ces escadrons, le ministre de
l’Intérieur sortant, Pr Paul Yao N’Dré, a déclaré, le mercredi 29 janvier 2003, au cours d’une intervention télévisée de 20 mn consacrée aux accords de Linas-Marcoussis : "Les rebelles sont amnistiés, ils sont réintégrés dans l'armée nationale. (...) Mais en même temps, on dit "les escadrons de la mort, on va créer une commission, on va les poursuivre et on va les punir". Mais les escadrons de la mort, sous cette formule, veut dire les forces de sécurité et de défense tout simplement..." (sic !). En d’autres termes, le grand professeur de Droit confirme que les fameux escadrons sont bel et bien constitués d’éléments de la police nationale, de la gendarmerie nationale et de l’armée.
Le Tribunal pénal international, qui a enfin vu le jour, doit en prendre acte. Une chose est sûre, en tuant « H », les escadrons de la mort ont frappé une fois de trop.
Adieu « H ». Adieu, mon ami. Une pensée pour tes enfants.
Seydou
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Texte des accords de Linas-Marcoussis
A l’invitation du Président
de la République Française, une Table Ronde des forces politiques s’est réunie à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003. Elle a rassemblé les parties suivantes : FPI, MFA, MJP, MPCI, MPIGO, , PDCI-RDA, PIT, RDR, UDCY, UDPCI. Les travaux ont été présidés par M. Pierre MAZEAUD, assisté du juge Keba Mbaye et de l’ancien Premier ministre Seydou Diarra et de facilitateurs désignés par l’ONU, l’Union Africaine et la CEDEAO.
Chaque délégation a analysé la situation de la Côte d’Ivoire et fait des propositions de nature à rétablir la confiance et à sortir de la crise. Les délégations ont fait preuve de hauteur de vue pour permettre à la Table Ronde de rapprocher les positions et d’aboutir au consensus suivant dont tous les éléments - principes et annexes ont valeur égale :
La Table Ronde se félicite de la cessation des hostilités rendue possible et garantie par le déploiement des forces de la CEDEAO, soutenu par les forces françaises et elle en exige le strict respect. Elle appelle toutes les parties à faire immédiatement cesser toute exaction et consacrer la paix. Elle demande la libération immédiate de tous les prisonniers politiques.
La Table Ronde réaffirme la nécessité de préserver l’intégrité territoriale de la Côte
d’ Ivoire, le respect de ses institutions et de restaurer l’autorité de l’état. Elle rappelle son attachement au principe de l’accession au pouvoir et de son exercice de façon démocratique. Elle convient à cet effet des dispositions suivantes :
Un gouvernement de réconciliation nationale sera mis en place dès après la clôture de la Conférence de Paris pour assurer le retour à la paix et à la stabilité. Il sera chargé du renforcement de l’indépendance de la justice, de la restauration de l’administration et des services publics, et du redressement du pays appliquera le programme de la Table Ronde qui figure en annexe et qui comporte notamment des dispositions dans les domaines constitutionnel, législatif et réglementaire ;
Il préparera les échéances électorales aux fins d’avoir des élections crédibles et transparentes et en fixera les dates.
Le gouvernement de réconciliation nationale sera dirigé par un Premier Ministre de consensus qui restera en place jusqu’à la prochaine élection présidentielle à laquelle il ne pourra se présenter.
Ce gouvernement sera composé de représentants désignés par chacune des délégations ivoiriennes ayant participé à la Table Ronde. L’attribution des ministères sera faite de manière équilibrée entre les parties pendant toute la durée du gouvernement.
Il disposera pour l’accomplissement de sa mission des prérogatives de l’exécutif en application des délégations prévues par la Constitution. Les partis politiques représentés à
l’ Assemblée Nationale et qui ont participé à la Table Ronde s’engagent à garantir le soutien de leurs députés à la mise en œuvre du programme gouvernemental.
Le gouvernement de réconciliation nationale s’attachera dès sa prise de fonction à refonder une armée attachée aux valeur d’intégrité et de moralité républicaine. Il procédera à la restructuration des forces de défense et de sécurité et pourra bénéficier, à cet effet, de l’avis de conseillers extérieurs et en particulier de l’assistance offerte par la France.
Afin de contribuer à rétablir la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national, le gouvernement de réconciliation nationale organisera le regroupement des forces en présence puis leur désarmement. Il s’assurera qu’aucun mercenaire ne séjourne plus sur le territoire national.
Le gouvernement de réconciliation nationale prendra les mesures nécessaires pour la libération et l’amnistie de tous les militaires détenus pour atteinte à la sûreté de
l’ État et fera bénéficier de la même mesure les soldats exilés.
La Table Ronde décide de la mise en place d’un Comité de suivi de l’application des accords de Paris sur la Côte
d’ Ivoire chargé d’assurer le respect des engagements pris. Ce comité saisira les instances nationales, régionales et internationales de tous les cas d’obstruction ou de défaillance dans la mise en œuvre des accords afin que les mesures de redressement appropriés soient prises.
La Table Ronde recommande à la Conférence des Chefs
d’ État que le Comité de suivi soit établi à Abidjan et composé des représentants des pays et des organisations appelés à garantir l’exécution des accords de Paris, notamment :
- le représentant de l’ Union européenne,
- le représentant de la Commission de l’ Union africaine,
- le représentant du secrétariat exécutif de la CEDEAO,
- le représentant spécial du Secrétaire Général qui coordonnera les organes de la famille des Nations Unies,
- le représentant de l’ Organisation internationale de la Francophonie,
- les représentants du FMI et de la Banque mondiale,
- un représentant des pays du G8,
- le représentant de la France.
La Table Ronde invite le gouvernement français, la CEDEAO et la communauté internationale à veiller à la sécurité des personnalités ayant participé à ses travaux et si nécessaire à celle des membres du gouvernement de réconciliation nationale tant que ce dernier ne sera pas à même d’assurer pleinement cette mission.
La Table Ronde rend hommage à la médiation exercée par la CEDEAO et aux efforts de l’union Africaine et de
l’ ONU, et remercie la France pour son rôle dans l’organisation de cette réunion et l’aboutissement du présent consensus
A Linas-Marcoussis, le 24 janvier 2003
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Annexe
au programme du Gouvernement de Réconciliation
I - Nationalité, identité, condition des étrangers
La Table Ronde estime que la loi 61-415 du 14 décembre 1961 portant code de la nationalité ivoirienne modifiée par la loi 72-852 du 21 décembre 1972, fondée sur une complémentarité entre le droit du sang et le droit du sol, et qui comporte des dispositions ouvertes en matière de naturalisation par un acte des pouvoirs publics, constitue un texte libéral et bien rédigé.
La Table Ronde considère en revanche que l’application de la loi soulève de nombreuses difficultés, soit du fait de l’ignorance des populations, soit du fait de pratiques administratives et des forces de l’ordre et de sécurité contraires au droit et au respect des personnes.
La Table Ronde a constaté une difficulté juridique certaine à appliquer les articles 6 et 7 du code de la nationalité. Cette difficulté est aggravée par le fait que dans la pratique, le certificat de nationalité n’est valable que pendant 3 mois et que, l’impétrant doit chaque fois faire la preuve de sa nationalité en produisant certaines pièces. Toutefois, le code a été appliqué jusqu’à maintenant.
En conséquence, le gouvernement de réconciliation nationale :
- relancera immédiatement les procédures de naturalisation existantes en recouvrant à une meilleure information et le cas échéant à des projets de coopération mis en œuvre avec le soutien des partenaires de développement internationaux ;
- déposera, à titre exceptionnel, dans le délai de six mois un projet de loi de naturalisation visant à régler de façon simple et accessible des situations aujourd’hui bloquées et renvoyées au droit commun (notamment cas des anciens bénéficiaires des articles 17 à 23 de la loi 61-415 abrogés par la loi 72-852 et des personnes résidant en Côte d’Ivoire avant le 7 août 1960 et n’ayant pas exercé leur droit d’option dans les détails prescrits), et à compléter le texte existant par l’intégration à l’article 12 nouveau des hommes étrangers mariés à des Ivoiriennes.
Pour faire face à l’incertitude et à la lenteur des processus d’identification ainsi qu’aux dérives auxquelles les contrôles de sécurité peuvent donner lieu, le gouvernement de réconciliation nationale développera de nouvelles actions en matière d’état civil et d’identification, notamment :
- La suppression du processus d’identification en cours en attendant la prise des décrets d’application de la loi et la mise en place, dans les meilleurs délais, d’une commission nationale d’identification dirigée par un magistrat et composée des représentants des partis politiques chargés de superviser et de contrôler l’
Office national d’identification.
- La stricte conformité de la loi sur l’identification au code de la nationalité en ce qui concerne la preuve de la nationalité.
La Table Ronde, en constatant que le grand nombre d’étrangers présents en Côte d’
Ivoire a largement contribué à la richesse nationale et aidé à conférer à la Côte
d ’Ivoire une place et une responsabilité particulières dans la sous-région, ce qui a bénéficié également aux pays dont sont ces étrangers originaires, considère que les tracasseries administratives et des forces de l’ordre et de sécurité souvent contraires au droit et au respect des personnes dont les étrangers sont notamment victimes peuvent provenir du dévoiement des dispositions d’identification.
Le gouvernement de réconciliation nationale devra donc supprimer immédiatement les cartes de séjour prévues à l’article 8 alinéa 2 de la loi 2002 - 03 du 3 janvier 2002 pour les étrangers originaires de la CEDEAO et fondera le nécessaire contrôle de l’immigration sur des moyens d’identification non susceptibles de détournement.
De plus, le gouvernement de réconciliation nationale étudiera toute disposition législative et réglementaire tendant à améliorer la condition des étrangers et la protection de leurs biens et de leurs personnes.
La Table Ronde demande par ailleurs à tous les États
membres de la CEDEAO de ratifier dans les meilleurs délais les protocoles existant relatifs à la libre circulation des personnes et des biens, de pratiquer une coopération renforcée dans la maîtrise des flux migratoires, de respecter les droits fondamentaux des immigrants et de diversifier les pôles de développement. Ces actions pourront être mises en œuvre avec le soutien des partenaires de développement internationaux.
II - Régime électoral
La Table Ronde estime que la loi 2000-514 du 1er août 2000 portant Code électorale ne soulève pas de difficultés et s’inscrit dans le cadre d’un processus d’amélioration des textes et que la loi 2001-634 du 9 janvier 2001 portant création de la Commission
Électorale Indépendante constitue un progrès significatif pour l’organisation d’élections transparentes.
Le gouvernement de réconciliation nationale :
- assurera l’impartialité des mesures d’identification et d’établissement des fichiers électoraux ;
- proposera plusieurs amendements à la loi 2001-634 dans le sens d’une meilleure représentation des parties prenantes à la Table Ronde au sein de la commission centrale de la Commission
Électorale Indépendante, y compris au sein du bureau ;
- déposera dans un délai de 6 mois un projet relatif au statut de l’opposition et au financement public des partis politiques et des campagnes électorales ;
- déposera dans le délai d’un an un projet de loi relatif en matière d’enrichissement illicite et organisera de manière effective le contrôle des déclarations de patrimoine des personnalités élues ;
- prendra toute mesure permettant d’assurer l’indépendance de la justice et l’impartialité des médias, tant en matière de contentieux électoral que de propagande électorale.
III - Éligibilité à la Présidence de la république
La Table Ronde considère que l’article 35 de la Constitution relatif à la l’élection du Président de la République doit éviter de se référer à des concepts dépourvus de valeur juridique ou relevant de textes législatifs. Le gouvernement de réconciliation nationale proposera donc que les conditions d’éligibilité du Président de la République soient ainsi fixées :
"Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il est rééligible qu’une fois.
Le candidat doit jouir de ses droits civils et politiques et être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne né de père ou de mère ivoirien d’origine"
Le Code de la nationalité sera amendé par l’adjonction aux conditions de perte de la nationalité ivoirienne édictées par son article 53, des mots suivants : ‘’exerçant des fonctions électives ou gouvernementales dans un pays étranger’’.
Le Président de la République rendra public chaque année son bulletin de santé.
IV- Régime foncier
La Table Ronde estime que loi 98-750 du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural votée à l’unanimité par
l’ Assemblée nationale constitue un texte de référence dans un domaine juridique délicat et économiquement crucial.
Cependant, le gouvernement de réconciliation nationale :
- accompagnera la mise en œuvre progressive de ce texte d’une campagne d’explication auprès des populations rurales de manière à aller effectivement dans le sens d’une véritable sécurisation foncière.
- proposera un amendement dans le sens d’une meilleure protection des droits acquis les dispositions de l’article 26 de la loi relative aux héritiers des propriétaires de terre détenteurs de droits antérieurs à la promulgation de la loi mais ne remplissant pas les conditions d’accès à la propriété fixées par son article 1.
V - Médias
La Table Ronde condamne les incitations à la haine et à la xénophobie qui ont été propagées par certains médias.
Le gouvernement de réconciliation nationale reprendra dans le délai d’un an l’économie générale du régime de la presse de manière à renforcer le rôle des autorités de régulation, à garantir la neutralité et l’impartialité du service public et favoriser l’indépendance financière des médias.
Ces mesures pourront bénéficier du soutien des partenaires de développement internationaux.
3) Le gouvernement de réconciliation nationale rétablira la libre émission des médias radiophoniques et télévisés internationaux.
VI - Droits et libertés de la personne humaine
Le gouvernement de réconciliation nationale créera immédiatement une commission nationale des droits de l’homme qui veillera à la protection des droits et libertés en Côte d’Ivoire. La Commission sera composée des délégués de toutes les parties et présidée par une personnalité acceptée par tous.
Le gouvernement de réconciliation nationale demandera la création d’une commission internationale qui diligentera des enquêtes et établira les faits sur toute l’étendue du territoire nationale afin de recenser les cas de violation graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire depuis le 19 septembre 2002.
Sur le rapport de la Commission internationale d’enquête, le gouvernement de réconciliation nationale déterminera ce qui doit être porté devant la justice pour faire cesser l’impunité. Condamnant particulièrement les actions des « escadrons de la mort » et de leurs commanditaires ainsi que les auteurs d’exécutions sommaires sur l’ensemble du territoire, la Table Ronde estime que les auteurs et complices de ces activités devront être traduits devant la justice pénale internationale.
Le gouvernement de réconciliation nationale s’engagera à faciliter les opérations humanitaires en faveur de toutes des victimes du conflit sur l’ensemble du territoire national. Sur la base du rapport de la commission nationale des droits de l’homme il prendra des mesures d’indemnisation et de réhabilitation des victimes.
VII - Regroupement désarmement démobilisation
Dès sa prise de fonctions, le gouvernement de réconciliation nationale entreprendra le processus de regroupement concomitant des forces en présence sous le contrôle des forces de la CEDEAO et des forces françaises.
Dans une seconde phase il déterminera les mesures de désarmement et de démobilisation, qui seront également menées sous le contrôle des forces de la CEDEAO et des forces françaises.
L’ensemble des recrues enrôlés depuis le 19 septembre seront immédiatement démobilisé.
Le gouvernement de réconciliation nationale assurera la réinsertion sociale des militaires de toutes origines avec l’appui de programmes de type Désarmement Démobilisation Rapatriement Réinstallation Réinsertion (DDRRR) susceptibles d’être mis en œuvre avec l’appui des partenaires de développement internationaux.
Le gouvernement de réconciliation national prendra les mesures nécessaires pour la libération et l’amnistie de tous les militaires détenus pour atteinte à la sûreté de l’État et fera bénéficier de la même mesure les soldats exilés. La loi d’amnistie d’exonérera en aucun cas les auteurs d’infractions économiques graves et de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Le gouvernement de réconciliation nationale procédera à un audit de ses forces armées et devra déterminer dans un contexte économique difficile le niveau des sacrifices qu’il pourra consentir pour assurer ses obligations en matière de défense nationale. Il réalisera sur ces bases la restructuration des forces armées et demandera à cette fin des aides extérieures
VIII - Redressement économique et nécessité de la cohésion sociale
Le gouvernement de réconciliation nationale rétablira la libre circulation des personnes et des biens sur tout le territoire national et facilitera la reprise des activités scolaires, administratives, économiques et sociales.
Il préparera dans un bref délai un plan de reconstruction et de développement des infrastructures et de relance de l’économie nationale, et de renforcement de la cohésion sociale.
La Table Ronde recommande aux institutions internationales et aux partenaires de développement internationaux d’apporter leur concours au processus de redressement de la Côte d’Ivoire.
IX - Mise en œuvre
Le gouvernement de réconciliation nationale veillera à ce que les réformes constitutionnelles, législatives et réglementaires que nécessitent les décisions qu’il sera appelé à prendre interviennent dans les meilleurs délais.
Seydou.
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Sommet de
Marcoussis (Paris) : Gbagbo n'a toujours rien compris...
Faut-il désespérer du Chef de
l'État de Côte d'Ivoire ?
Depuis
son ouverture en France, le mercredi 15 janvier 2003, le sommet de la dernière chance sur la Côte d'Ivoire, le Président qui a refusé de faire le déplacement se cramponne sur des exigences complètement absurdes : re-instaurer l'autorité de son pouvoir sur tout le territoire national, reconnaître sa légitimité, désarmer les mutins et les cantonner. Rien que cela. Quant à l'exigence fondamentale de la rébellion qui consiste en sa démission et en l'organisation d'élections générales anticipées, Gbagbo ne veut pas en entendre parler. S'y conformer, selon lui, équivaudrait à faire éclater une guerre civile qui durera au moins dix ans.
Que faut-il alors attendre de ce sommet qui regroupe toutes les forces en présence et qui prend fin le 24 janvier ? Encore de beaux textes qui seront jetés aux orties une fois à Abidjan comme les résolutions du Forum ?
En faisant l'idiot, Laurent Gbagbo ne compte pas sur les forces armées nationales. Pour manipuler l'opinion publique, le Chef de
l'État ne mise que sur le populisme, cette bonne vieille méthode communiste qui consiste à déverser régulièrement des centaines de vagabonds dans les rues pour scander des propos racistes et insulter les chefs
d'État étrangers.
Depuis quatre mois, la Côte d'Ivoire est coupée en deux. L'administration est arrêtée dans la moitié Nord du pays et dans l'autre moitié, toutes les activités sont perturbées par le couvre-feu et les exactions commises en toute impunité par les forces de l'ordre qui redoutent pourtant d'aller au front, et les hordes de délinquants entretenus par le pouvoir. Mais Laurent Gbagbo se moque de tout cela. L'essentiel étant qu'il conserve le fauteuil présidentiel.
Après avoir provoqué une guerre qui continue d'endeuiller des milliers d'Ivoiriens, Laurent Gbagbo trouve qu'il n'y a pas péril en la demeure et que le pays peut fonctionner comme ça encore quelques années, le temps qu'il achève le mandat que lui ont confié les gens de sa tribu.
Il n'y a rien à faire. Il faut désespérer de l'homme.
Seydou.
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LINGERIE
FINE

"Ma
passion
femmes"

"Ma
passion
hommes"
INTERNET AU FEMININ
Holala
ART
AFRICAIN

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ouverte
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