Un Art de Vivre  

  La chronique d'Arlette Desaules
Suisse romande

Farinet: vers une révision de son procès?
La Suisse d'autrefois
Le musée de l'habitat de Ballenberg
Le Chablais
Il est plus DARD.... que tu ne penses
"Le renard et la fouine"
Genève, ville des fleurs
LE DUC ET LE CHARBONNIER
Edmond Kaiser
Femmes suisses l'avenir s'assombrit

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FARINET: VERS UNE RÉVISION DE SON PROCÈS ?

Lors d'une de mes précédentes chroniques, je vous ai parlé de Joseph-Samuel FARINET, célèbre faux-monnayeur, condamné par la Justice valaisanne et abattu dans des circonstances demeurées assez obscures. Je ne pensais pas alors, qu'un fait nouveau concernant cette  affaire, allait resurgir.

Il y a peu de temps, alors que je consultais le Télétexte suisse, j'ai lu avec surprise, que son procès allait être l'objet d'une révision. Les éléments dont je disposais n'étaient  pas suffisants pour que je vous en parle. Mais cette information avait de quoi susciter mon intérêt et je la gardais dans un coin de ma mémoire...

L'édition de l'Illustré du 19.07.2000, No 29 m'apporte les renseignements utiles. C'est à  l'instigation d'un maître du barreau suisse, Me Dominique Poncet, que tout commence. Il contacte un ténor du barreau parisien, Me Jacques Vergès, qui accepte d'emblée de l'assister pour défendre cette cause et permettre l'éventuelle réhabilitation de Farinet.


Est-il nécessaire de présenter Me Vergès ? Défenseur des causes les plus sulfureuses, telle que celle de Klaus Barbie. Avant de défendre notre Robin des Alpes, il avait déjà plaidé la réhabilitation d'un illustre disparu, le Roi de France Louis XVI.

Réunis le 14 juillet à Saillon, dans la petite vigne de Farinet, Me Vergès a choisi cette date volontairement car, dit-il, "à l'origine ce n'est pas l'anniversaire d'une marche militaire, c'est d'abord une manifestation révolutionnaire". Or Farinet a lui aussi détruit des Bastilles, comme celle du conformisme. Il incarne le combat de l'individu contre l'"establishment", c'est d'Artagnan contre Richelieu, Arsène Lupin seul face à des centaines de policiers. "Farinet mérite que la société lui rende hommage "... a-t-il encore ajouté.

Aujourd'hui, la vigne a repris vie, comme je le pensais et l'espérais en terminant ma chronique. Un nouvel espoir naît au sujet de l'honneur de l'homme auquel elle rend hommage. Il ne reste plus qu'à attendre que la Justice rende son verdict ! Je ne manquerai pas de vous tenir informés de l'issue de ce procès.

© Arlette Desaules 04.08.2000

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LA SUISSE D'AUTREFOIS - LE MUSEE DE L'HABITAT DE BALLENBERG

C'est l'été, tout au moins si l'on en croit le calendrier et, une fois n'est pas coutume, je vais vous emmener en Suisse allemande. Mais nous ne perdrons pas de vue la partie romande n'ayez crainte ! 

Le parcours pour rejoindre cette localité du canton de Berne est déjà, à lui seul, un vrai  plaisir. Après avoir emprunté l'autoroute pour arriver en terre alémanique, vous allez suivre une route qui longe les rives du Lac de Thoune et du Lac Brienz, en passant par Interlaken, qui signifie justement "entre deux lacs". 

Puis, vous bifurquerez pour rejoindre une région un peu plus élevée avant d'arriver à Ballenberg. Le musée de plein air de la Suisse d'autrefois, s'étend sur une surface de plus de 66 hectares, entre forêt et campagne. 

La particularité de ce musée, certainement unique au monde, est de présenter des constructions typiques de toutes les régions. Fait à remarquer, il ne s'agit pas de copies effectuées selon d'anciens plans, mais de bâtiments existants qui ont été démontés et reconstruits sur ce site. Entrez ! Les portes sont ouvertes, des cuisines aux chambres, c'est la découverte du mode de vie de nos ancêtres qui s'offre à nos yeux.

De nombreuses activités sont présentées, forgerons, tisserands, boulangers cuisant leurs pains au four banal, fromagers. A l'extérieur c'est le faucheur que vous rencontrez au détour d'un chemin, des paysannes offrant le produit de leurs jardins potagers, sans oublier les nombreux animaux, plus de 250 espèces. Il vous sera même possible de vous essayer à la traite des vaches, manuelle comme il se doit !

Ouvert de mi-avril à fin octobre il est possible de profiter des diverses saisons pour voir l'évolution des cultures et des jardins respectant les traditions anciennes. De nombreuses manifestations ont lieu également les samedis et dimanches, début septembre, par exemple, la tonte des moutons, en octobre le travail du lin et bien d'autres choses que je vous laisse le plaisir de découvrir. 

Si l'occasion vous est offerte, ne manquez pas ce voyage dans le passé, dont on ressort émerveillés et rêveurs. Mais la réalité nous rattrape très vite ! À peine franchie la porte de sortie, la vue du grand parking où sont sagement rangés voitures et autocars, signes du siècle de la consommation et de la vitesse.... nous donne envie de rebrousser chemin pour  profiter, un moment encore, de la tranquillité.

© Arlette Desaules 23 juillet 2000

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Le Chablais

Le Chablais (du latin "Caput Lati " qui signifie "Tête du lac "), s'étend sur les territoires des cantons de Vaud, du Valais et sur une partie de la Haute Savoie française, de part et d'autre des rives du lac Léman et du Rhône. Situé sur l'important axe Nord-Sud, ce territoire a d'abord vu les Celtes, puis les Romains s'y installer.

En 1536, Genève, menacée par un blocus imposé par la Savoie, fait appel à Berne. Au terme d'une alliance, une attaque est  lancée simultanément par la France, le Haut Valais et Berne. Deux traités seront signés, fixant les frontières, qui seront définitivement entérinées avec l'entrée de Genève  et du Valais dans la Confédération au 19ème siècle. Le Chablais vaudois passe sous domination bernoise, puis sera rattaché à la République Lémanique devenue le canton de Vaud, le valaisan est rattaché à la République des Sept Dizains, devenue le Valais.

En Suisse, l'agriculture et la viticulture sont les principales ressources, de même que les alpages. L'industrie s'est également bien développée mais de grands espaces sont encore occupés par la forêt, les rochers, des lacs et des glaciers. La densité de population est assez faible et les infrastructures insuffisantes.

Il existe pourtant une volonté de sortir cette région de son enclavement. Des discussions sont en cours depuis très longtemps pour la construction d'une autoroute contournant le lac par la côte savoyarde ainsi que la remise en fonction de la "Ligne de chemin de fer du Tonkin ", qui est à l'abandon !

Il y a peu, Suisses et Français se sont mobilisés pour faire valoir leurs droits et ont érigé un mur de briques symbolique à la frontière interdisant tout passage de véhicules durant une journée ! Et ce n'est pas fini... une mauvaise surprise est annoncée pour le passage du Tour de France en juillet prochain. 

Si la route de vos vacances vous amène dans cette région, je ne peux que vous conseiller de vous y arrêter et d'en profiter. Elle ne manque ni de charmes, ni de distractions. Une marche dans la région des Grangettes vous fera découvrir un coin protégé où quantité d'oiseaux viennent nicher, loin du bruit, parmi les roselières ou dans les sous-bois. De nombreuses pistes cyclables ont été aménagées pour le bonheur des petits et des grands.

Autre lieu, le Swiss Vapeur Parc au Bouveret, l'un des plus prestigieux circuits de chemins de fer miniature d'Europe. Rendez-vous à la gare de Chablais City, embarquez et admirez. Tout a été reconstruit avec la plus grande rigueur, les modèles de locomotives, les bâtiments, les ouvrages d'art et tout cela dans un décor de verdure de plus de 17'000 m2.

Souhaitons qu'en haut lieu, on comprenne l'importance que représente cette région, unie depuis tant de siècles, pour qu'elle puisse jouir du développement qu'elle mérite.

© Arlette Desaules 29 juin 2000

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Il est plus DARD.... que tu ne penses

La littérature francophone est en deuil et ses lecteurs se sentent un peu orphelins. Frédéric Dard nous a quittés ce mardi 6 juin 2000.
Né le 29 juin 1921 à Bourgouin-Jallieu, ce fils d'une famille modeste est élevé par sa grand-mère qui lui donne le goût de la lecture. Il se rend ensuite à Lyon pour y faire des études commerciales, avant de devenir journaliste de 1942 à 1950.

Dès cette année, il ne se consacre plus qu'à la littérature et au théâtre où il travaille notamment avec Robert Hossein. Ce boulimique d'écriture, à ce jour environ 300 ouvrages écrits, et vendus à plus de 200 millions d'exemplaires, nous fait connaître San Antonio et son fidèle inspecteur Berurier. 

C'est un manipulateur de mots, un inventeur d'expressions nouvelles et le roi du calembour. De nombreuses thèses ont été rédigées au sujet de son oeuvre. Selon l'académicien Bertrand Poirot-Delpech, il n'a pas eu la place qu'il mérite, celle d'un formidable manieur de langue à l'égal d'un Rabelais et d'un Balzac. Quelques titres pour exemple : "A prendre ou à lécher ", "Baise-ball à la baule ", "La matrone des sleepinges ". D'autres tout de même plus sérieux : "Les clés du pouvoir sont dans la boîte à gants ", "Y a-t-il un Français dans la salle ", "La vieille qui marchait dans la mer ". Ces deux derniers ouvrages ayant été portés à l'écran.

Il a reçu de nombreuses distinctions, mais a refusé l'offre qui lui a été faite de devenir Académicien. Comment s'en étonner ! ! Sa notoriété et les succès auraient pu lui donner la "grosse tête ". Tout au contraire, il est toujours resté simple et surtout il a toujours répondu présent lorsqu'on lui demandait  sa participation pour une action. Je le revois encore, une veille de Noël à la Télévision Suisse Romande, lors d'une émission destinée à récolter des fonds pour venir en aide aux  plus démunis, heureux comme un enfant, au fur et à mesure que le montant augmentait.

Depuis 1978, il avait trouvé son havre de paix à Bellefontaine, petit village de 500 habitants du canton de Fribourg. Il y était parfaitement intégré et aimé de tous. Une fontaine qu'il avait offerte à cette localité, pleure, elle aussi, sa disparition. 
Mais ne terminons pas sur une note triste, je pense qu'il doit s'amuser à regarder les rédactions s'agiter pour lui rendre hommage ! ! Je lui laisse la parole en guise de conclusion :
" Certains individus ont une perspicacité qui les rend infréquentables. "
" L'hypothèse la mieux élaborée ne saurait prévaloir sur la réalité la plus bancale. "
Auteur de romans policiers français [San Antonio ] 

© Arlette Desaules - 10 juin 2000

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"Le renard et la fouine"

Une nouvelle fable de La Fontaine, allez-vous penser, non ! Quoi qu'en y réfléchissant bien, cela l'aurait certainement inspiré.

Dans mon esprit, ces charmants mammifères peuplent nos bois et forêts, ne se montrent guère à nos yeux indiscrets ou curieux. C'est l'image que je me faisais d'eux jusqu'à la diffusion récente d'une émission télévisée.

Commençons par maître Goupil si vous le voulez bien. Dans son milieu naturel, il a besoin d'un territoire d'environ 4 km2 pour assurer sa subsistance et celle de sa progéniture. Il s'aventure parfois près des fermes, ce voleur de poules insaisissable. C'était l'image que j'en avais.

Mais, tout comme l'homme, il s'adapte aux nouvelles conditions de vie. Alors que nous allons chercher refuge dans les campagnes, afin de fuir les bruits et les nuisances de la ville, lui prend ses quartiers dans nos cités. Quelques centaines de mètres carrés lui suffisent, tant les humains sont généreux. Il n'a qu'à se servir, dans nos poubelles et containers, notre renard trouve tout ce dont il a besoin. Il sait si bien s'y prendre que des personnes vont jusqu'à lui servir son repas chaque soir, dans le jardin !

Pour le gîte, pas de problèmes non plus. Les lieux sont accueillants et l'un des plus prisé, n'est autre que le cimetière. Quel refuge confortable que celui offert par les pierres tombales sous lesquelles la terre s'est affaissée ? Les jardiniers de ces lieux peuvent le constater fréquemment. Qui a dit : " rusé comme un renard " ?

La fouine elle, ce petit mustélidé, moins farouche que le précédent, s'approche plus volontiers des habitations. Elle adore les greniers où elle peut s'adonner à ses jeux favoris. Jusqu'à maintenant, cela posait assez peu de problèmes car les greniers servaient essentiellement à y entreposer tout ce que l'on n'utilisait pas.

Mais la mode a changé. Aujourd'hui, on aménage ces lieux pour y vivre et la cohabitation est parfois difficile, d'autant que l'animal a une prédilection pour la nuit. Essayez donc de dormir avec un tel compagnon !

Autre particularité, son goût pour les voitures qui lui offrent un refuge suffisamment chaud et de quoi se faire les dents....... avec les câbles électriques.Cela coûte très cher aux assurances, mais fait le bonheur des garagistes. Mais ses choix ne se font pas au hasard, n'étant pas une couche tôt, elle préfère les voitures dont le moteur est chaud aux environs de minuit et plus.

Sachez donc, chers noctambules, que lorsque vous rentrez à des heures tardives, vous risquez non seulement quelques remarques acerbes de votre partenaire, mais que vous aurez peut-être également des difficultés à faire redémarrer votre véhicule le lendemain matin.... ! ! 

© Arlette Desaules 09.05.2000

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Genève, ville des fleurs

Le printemps est arrivé depuis un mois, tout au moins d'après le calendrier. Je vais en profiter pour vous présenter la ville de Genève, sous un aspect moins connu, mais combien agréable à l'oeil et à l'odorat. Cette ville internationale, qui compte 180'000 habitants, peut s'enorgueillir de ses parcs et promenades. Genève aime les roses !

C'est en 1936 que la ville remplaça l'ornementation traditionnelle par celle de rosiers. Tout d'abord au Quai Gustave Ador et au Jardin anglais. Très vite les jardiniers responsables de l'entretien des parcs et jardins, étendirent cette pratique. Aujourd'hui, on compte plus de 40'000 rosiers pour toute la cité.

Le lieu privilégié pour y admirer ces fleurs est certainement le Parc Lagrange, situé sur la rive gauche. Au début de l'ère chrétienne, vers l'an 50 un riche Romain avait bâti sa villa sur cette colline descendant en terrasses jusqu'aux rives du lac. Quelques vestiges sont encore visibles. 

En 1918, William Favre en fit don à la ville de Genève. C'est à lui que l'on doit  l'aménagement de ce parc avec son orangeraie, ses très vieux arbres et la roseraie. 
Cette dernière occupe une place très favorable, à l'abri des vents, dans une petite dépression de terrain. 

En 1947, année de la création de la Société genevoise d'horticulture, et en collaboration avec le service des parcs de l'époque, débute le concours international de roses nouvelles de Genève. Une nouvelle roseraie est inaugurée à cet effet, située au haut du parc. Chaque année, les membres du jury se réunissent pour élire La Rose d'Or. C'est devenu un rendez-vous très prisé de tous les professionnels ainsi que des touristes. 

Détail amusant, ce parc est ouvert chaque jour du lever au coucher du soleil. C'est le vœu qu'avait exprimé son dernier propriétaire. Une cloche rappelle aux visiteurs qu'il est temps de partir, même si c'est à regrets ! 

Autre lieu incontournable si vous aimez les fleurs, l'Horloge fleurie, située à la Promenade du lac. Elle existe depuis 1955 et est certainement l'un des sites les plus photographiés de la ville. D'un diamètre d'environ 5 m, il faut plus de 6'500 plantes pour sa décoration qui varie au fil des saisons. Il a fallu des prouesses techniques pour que la trotteuse, la plus longue du monde avec ses 2.5 m de long, marque chaque seconde. Cette horloge est là pour rappeler que Genève est un des berceaux de l'horlogerie en Suisse. Cette industrie se  poursuit encore de nos jours, surtout dans la production de montres de luxe. Cette "vitrine" se doit donc d'être à la hauteur de la réputation qu'elle défend !

© Arlette Desaules / 25 avril 2000

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LE DUC ET LE CHARBONNIER

Comment vous présenter Fribourg, canton romand et bilingue ? Je pourrais, bien sûr, vous parler de la verte Gruyère, de son château et surtout de son fromage qui, ne bénéficiant pas d'une AOC, se fabrique un peu partout……. Eh bien non ! Un conte va me servir d'introduction.

Le château des Ducs de Zaehringen avec son pont-levis était la seule demeure en pierre qui se trouvait à l'endroit où se situe la ville aujourd'hui. Et, le long de la Sarine, quelques chaumières où vivaient paysans, bûcherons, pêcheurs et charbonniers. 

Le Duc Berthold IV était allé à la chasse, lorsqu'un violent orage s'abattit sur la région. Se trouvant séparé de ses hommes, il erra longuement, à la recherche d'un abri. Dans la tempête, il aperçut une faible lueur, et se trouva enfin dans la maison d'un charbonnier.

Malgré sa pauvreté, le maître du logis l'accueille, lui offre de la nourriture, l'invite près du foyer et lui propose une couche pour la nuit. Il n'avait pas reconnu le rang élevé de son hôte.
Le Duc passe la nuit avec tous les membres de la famille du charbonnier. Il s'endort aussitôt du meilleur sommeil de sa vie.

Le lendemain, à son réveil, tout le monde avait déjà quitté le logis pour se rendre au travail.
Le temps était superbe, un soleil radieux éclaire la tour gigantesque de son château. Le Duc admire longuement ce spectacle et décide que c'est à cet endroit qu'il va construire une ville servant de rempart contre les entreprises de ses barons. " Mais quelles couleurs vais-je donner à ma nouvelle cité ? " pense-t-il ? 

Soudain, regardant son costume, il ne peut s'empêcher d'éclater de rire en voyant son pourpoint et son haut-de-chausse tout blancs d'un côté et tout noirs de l'autre. Le Charbonnier, pour lui confectionner une couche n'avait rien trouvé de mieux que d'ajouter deux sacs de charbons et un sac de farine. Le côté que le Duc avait appuyé contre les sacs de charbon était couvert de suie et celui qu'il avait appuyé contre le sac de froment, était revêtu d'une couche de farine."Par le Saint-Sépulcre, dit alors le duc, ma bonne ville de Fribourg n'aura pas d'autres couleurs que celles du lit du charbonnier."


C'est pourquoi, aujourd'hui encore, Fribourg porte d'argent et de sable, le souvenir du sommeil ducal dans la demeure du charbonnier.

(Légendes et armoiries des XXII Cantons Hélène Cingria, Ed. La Guilde du Livre)


© Arlette Desaules / Avril 2000

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Edmond Kaiser

Le 4 mars 2000, il s'en est allé, discrètement, comme il le souhaitait. C'est en Inde, entouré de la famille qu'il s'était choisie lors de la fondation de "Terre des Hommes ", qu'il s'est éteint. Et c'est dans ce pays qu'il repose désormais.

D'origine juive, né à Paris en 1914, c'est en 1947 qu'il arrive en Suisse, sans l'avoir vraiment désiré. Homme cultivé, aimant l'écriture, il s'engage très vite dans divers combats.Il rencontre l'Abbé Pierre et fonde les Amis D'Emmaüs à Lausanne.

En 1959, il crée "Terre des Hommes ", organisation à laquelle il va participer de longues années pour soulager l'enfance maltraitée. Cet homme à l'apparence frêle se dépense sans compter pour venir en aide à l'enfance meurtrie, affamée et orpheline. Il s'adresse aux puissants de ce monde, sans concessions, n'hésitant pas à leur faire la leçon, si nécessaire !Rien ne peut l'arrêter dans la poursuite de ses buts.

Le 11 janvier 1980 à minuit, il met un terme à une grève de la faim de 19 jours pour réclamer l'interdiction de toutes ventes d'armes suisses à l'étranger. La presse et la télévision ont largement fait écho de son mouvement. Même si son action n'a pas eu gain de cause auprès de notre gouvernement, cela lui a donné de nouvelles forces pour continuer son combat avec d'autres moyens.

Cette année là, il quitte "Terre des Hommes ", la pirogue étant devenue transatlantique, selon ses propres paroles. Mais ses combats continuent, La Petite Espérance pour venir en aide aux prostituées, L'Amour de Vivre pour les enfants aveugles. Sentinelles naturellement, fondée à trois pour lutter contre les méfaits sexuels et tenter de mettre fin aux mutilations Il était conscient que ce combat ne serait pas gagné en quelques années, mais il y a laissé ses dernières forces. D'autres sont là pour poursuivre le combat.

Il n'a jamais aimé parler de lui, préférant mettre en avant les causes qu'il défendait. En juin 1999, il a accordé sa dernière interview à Bernard Pichon, homme de radio et de télévision qui lui a demandé en conclusion ce que signifie pour lui être un homme aujourd'hui ? " Se sentir responsable de la souffrance des autres ". Et Monsieur Pichon de conclure "Edmond Kaiser savait repérer la rose à côté du fumier ".

© Arlette Desaules / 20 mars 2000

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Femmes suisses l'avenir s'assombrit 


A fin 1999, je posais la question de savoir quel était l'avenir des femmes en Suisse. Il semble d'ores et déjà que le ciel s'assombrisse. En effet, l'initiative populaire lancée pour la suppression de la solution dite "des délais ", permettant à toute femme de mettre fin à une grossesse durant les 12 premières semaines, a abouti. Ce texte sera soumis à votation populaire dans un délai indéterminé...

Aux chambres fédérales se discute en ce moment le projet de la 11è révision de l'AVS (Assurance Vieillesse et Survivants). Nous savons qu'à partir de 2009 l'âge de la retraite des femmes passera de 64 à 65 ans pour respecter l'égalité hommes/femmes ! On nous promet que cela constitue un progrès puisque ce changement devrait permettre à tous de prendre une retraite anticipée à partir de 62 ans. Quelle aubaine, direz-vous ! 

Détrompez-vous. Car, à qui va profiter cette nouvelle solution ? Celui qui décidera d'opter pour cette possibilité verra sa rente diminuée d'un certain pourcentage. Or, si l'on tient compte de l'échelle des salaires, on constate que les femmes seront à nouveau perdantes. 
L'égalité de traitement non respectée, les emplois à mi-temps ou le travail sur appel, ne sont pas générateurs de revenus substantiels. La conclusion est simple : seules les personnes ayant perçu de hauts salaires pourront se le permettre, à savoir pour la très grande majorité Les hommes !

Autre innovation proposée : l'égalité de la rente de veuve qui sera la même que celle que la 10è révision a attribuée aux hommes. Détail piquant, lorsque cette rente a été introduite, elle était destinée à venir en aide à la femme et mère de famille qui, en perdant son conjoint, perdait aussi généralement la seule source de revenus du foyer. Pourquoi avoir instauré une rente de veuf ? La question peut se poser. Dernière précision, mais elle a son importance, pour y avoir droit, la femme devra être âgée d'au moins 50 ans. Si tel n'est pas le cas, souhaitons-lui d'avoir un emploi ou d'en trouver un...

Enfin, nous attendons avec intérêt, mais également avec appréhension, les résultats de la votation fédérale du 12 mars prochain, le peuple ayant à se prononcer au sujet de la procréation assistée. Qu'en sera-t-il ? Va-t-on imposer un nouveau diktat en interdisant purement et simplement le recours à ces techniques reconnues et admises jusqu'alors ? 
Verra-t-on bientôt une nouvelle forme de tourisme vers les pays voisins permettant aux Suissesses de bénéficier des mêmes progrès que les femmes européennes ? Nous en saurons plus dans un avenir proche.

Lors de ces votations, la question des quotas pour une représentation féminine dans les administrations, ainsi qu'au niveau politique, conseils communaux, cantonaux et fédéraux, sera posée. Il sera intéressant de voir si les mentalités changent enfin. 

En Suisse romande, les femmes prennent conscience qu'elles doivent réagir si elles veulent que cela change et une vaste campagne a commencé par voie d'affiches. Souhaitons qu'elles y parviennent ! Je terminerai en citant ces deux strophes de la chanson de Jean Ferrat :


" Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme "

© Arlette Desaules 7 mars 2000

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