Chaque
année, la fin de l’été est marquée par l’arrivée en Suisse
Romande du cirque Knie. La tournée annuelle de ce cirque débute
traditionnellement à Rapperswil, localité de Suisse alémanique
accueillant les quartiers d’hiver de cette entreprise familiale. Cela
débute avec le printemps pour ne se terminer qu’au début novembre.
Durant cette période, une soixantaine de localités verront le cirque
dresser son chapiteau pour une période plus ou moins longue, selon la
densité de la population. Cela représente une somme de travail
considérable et il ne doit plus exister, en Europe tout au moins,
beaucoup de cirques d’une telle importance qui viennent à la rencontre
du public.
La famille Knie est une véritable dynastie où la tradition se
transmet de génération en génération, chacun ayant sa spécialité. Ce
sont maintenant les enfants de la 3ème génération qui sont
aux commandes et ceux de la quatrième arrivent, déjà bien formés et
prêts à prendre la relève lorsque ce sera nécessaire. Les spectacles
respectaient la tradition du cirque mais les points forts ont toujours
été le dressage des chevaux et des éléphants, présentés par un
membre de la famille Knie. Partisans de la méthode douce, c’est un
plaisir de voir évoluer ces animaux. Le résultat de ces années de
patience a été l’obtention de plusieurs récompenses au Festival du
cirque de Monte Carlo. Pour les fauves, le même respect de l’animal et
la même douceur ont permis au public de connaître Gilbert Houcke. Le
choix et la qualité des numéros ont toujours été une des priorités de
la famille Knie ce qui a permis au public de voir, entre autre, des
artistes du cirque de Pékin, fait rarissime pour l’Europe, ceux du
cirque de Moscou également et pour les Romands de découvrir un comique
suisse allemand Emil, qui a su nous conquérir et qui a lui aussi été
conquis par la Romandie puisqu’il vient de s’y installer.
Il est évident qu’une telle entreprise nécessite une organisation
extrêmement bien rodée où chacun doit connaître parfaitement son rôle
et le tenir au moment propice. Pour le montage et le démontage du
chapiteau, deux équipes sont au travail, l’une formée de Polonais et l’autre
de Marocains. Pour le profane qui assiste à ce travail, en apparence
désordonné, tout se déroule en fait de la façon la plus claire et la
mieux réglée. Il y a en plus une émulation quasiment sportive car d’un
côté les Polonais veulent prouver au Marocains qu’ils sont les
meilleurs et vice-versa.
Il y a quelques dizaines d’années, les animaux voyageaient par train
et devaient être ensuite conduits de la gare à l’emplacement qui leur
est réservé aux alentours du chapiteau. C’était l’occasion pour les
enfants des écoles d’avoir une journée de congé et de pouvoir se
rendre tôt le matin pour conduire un cheval, un poney voire une chèvre.
Cela fait partie du passé…. mais les enfants ont toujours la
possibilité de visiter le zoo qui accompagne le cirque et de se promener
dans les écuries des chevaux et des éléphants, ou d’assister aux
repas des fauves. Lorsque les conditions climatiques le permettent, on
peut également assister à la baignade des éléphants sur les bords du
Léman.
Quelques chiffres pour terminer tirés de l’Edition Mondo de
1975. Au cours d’une tournée plus de 60 villes seront visitées, 240
soirées et 130 matinées seront données. Au total plus de 250 artistes,
employés et membres de la famille, appartenant à 18 nations, font partie
du voyage. Pour les animaux, il faut par saison, 200'000 kgs de paille,
165'000 kgs de foin, 61'000 kgs d’avoine, 26'000 kgs de viande, 23'800
kgs de carottes, pommes, oranges et bananes – soit au total 507'310 kgs
de nourriture pour les animaux. Dans les cuisines on prépare 60'000
repas, 30'000 petits déjeuners et 6'000 casse-croûte.
Le cirque est parti……….. laissant à chacun sa part de rêve.